Ecjs - crise agricole

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  • Publié le : 21 mars 2011
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L’obsolescence programmée (aussi appelée « désuétude planifiée ») consiste à créer un bien en prévoyant sa date de désuétude.

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La célèbre Ford T, fiable, solide et durable et accessible à l'Américain moyen, n'a pas pu faire face à la concurrence de General Motors qui a établi sa stratégie sur la production régulière de nouveauxmodèles démodant les séries précédentes. C'est un des exemples d'obsolescence programmée, par le design et la mode entretenue par la publicité.

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Ampoule à incandescence de la caserne des pompiers de Livermore. Depuis 1901, soit plus d'un siècle, elle a brillé près d'un million d'heures, ce qui montre qu'on savait déjà il y a un siècleproduire des lampes bien plus durables que les 1 000 heures ensuite choisies comme norme par les fabricants du Cartel de Phoebus et leurs successeurs.
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Dégradation de la couche argentée et de la couleur de la patte plastique d'une montre à bracelet en acier inoxydable, dans la troisième année d'utilisation normale.

Par ce procédé,des fabricants conçoivent des objets dont la durée de vie commerciale (mais pas nécessairement la durée de vie technique) est délibérément courte. Ce stratagème oblige ou incite les consommateurs à remplacer rapidement leurs produits, et donc, à acheter de nouvelles marchandises. Dans certains cas, les fabricants ajoutent sciemment des défauts de conception à leurs produits.
Cette technique estutilisée en particulier par de nombreux constructeurs de véhicules, de jouets, de vêtements, de chaussures, d'appareils électroménagers, d'ordinateurs et de leurs périphériques, de logiciels, d'appareils à cordon électrique, de machines à roulement à bille, d'automobiles, d'appareils électroniques, d'appareils domestiques et autres appareils requérant l'utilisation d'une recharge quelconque.Dans l'histoire de l'économie, le premier objet a avoir été massivement et mondialement concerné par l'obsolescence programmée1semble avoir été la lampe à incandescence classique, selon la volonté de grands industriels du secteur regroupés sous le nom de Cartel de Phœbus. Celui-ci, créé spécifiquement dans ce but le 23 décembre 1924, regroupait alors les principaux fabricants mondiaux d'ampoules.Devant l'augmentation de la durée de vie des ampoules (2 500 heures en moyenne en 1924) et donc face à un moindre renouvellement des lampes par les consommateurs, les industriels éditent une charte commune indiquant qu'il ne pourra plus être fabriqué d'ampoule ayant une durée de vie supérieure à 1 000 heures. Ils se dotent pour cela d'une instance commune de vérification et de répression éventuelleau moyen d'amendes d'autant plus élevées que la vie constatée des ampoules est longue. En 1927, dans le monde entier, la durée de vie des ampoules des grandes marques était alignée sur 1 000 heures en moyenne. À titre de comparaison, l'ampoule centenaire, une ampoule de la caserne des pompiers de Livermore, serait restée allumée pratiquement en continu depuis 1901, et a donc brillé près d'unmillion d'heures2. Après 1939, le Cartel de Phœbus changea plusieurs fois de nom et de forme.
Ce modèle économique, basé sur une obsolescence rapide et volontaire des produits semble d'abord avoir été le fruit de la réflexion de Bernard London. Ce dernier, originaire d'Europe de l'est, est devenu millionnaire et capitaliste après s'être rapidement enrichi comme courtier immobilier aux États-Unis.Ce n'est pas par cynisme, mais avec un point de vue philanthrope qu'il a proposé de rendre l'obsolescence programmée comme obligatoire, non pas en produisant des produits manufacturés de mauvaise qualité, mais en leur imposant une date limite légale, après laquelle les consommateurs devraient obligatoirement les renvoyer à un organisme ad hoc, de manière à entretenir un flux éternel de produits...
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