Eco politique

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Pensée et politiques économiques

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1. Les fondements de la politique économique
Références (1) Philippe Adair La théorie de la justice de John Rawls Revue française de science politique 1991 41-1 pp. 81-96 (2) Agnès Bénassy-Quéré Benoît Coeuré Pierre Jacquet Jean Pisani-Ferry Politique économique De Boeck 2009 ch. 1 (3) Antoine Bozio Julien Grenet ed. Économie des politiquespubliques La Découverte Repères 2010 ch. 1 & 6 (4) Philippe Van Parijs John Rawls, père fondateur de la pensée politique contemporaine Le Monde 27 novembre 2002

La politique économique est le fait de l'État. Plus précisément des administrations publiques (État central, collectivités locales, administrations de Sécurité sociale). Comment l'étudier ? Pourquoi l'État doit-il intervenir ? Comment évaluerson action ? 1. Comment aborder la politique économique ? Trois approches :






l'économie positive : l'économiste ignore la politique et étudie les effets des choix publics sur les agents économiques. l'économie normative : l'économiste formule des recommandations. Cette économie se fonde sur les acquis de l'économie positive. Embûches : a) des recommandations de premier rang ou desecond rang ? b) et les asymétries d'information ? L'économie politique : l'économiste étudie les déterminants des politiques économiques. L'État est un acteur qui a ses objectifs propres (comme garder le pouvoir ou appliquer une politique partisane), qui peuvent être anticipés par les autres acteurs.

La politique économique repose sur la mobilisation d'instruments (comme la fixation des tauxd'imposition) afin d'atteindre des objectifs (comme la diminution du chômage). Cela dans un environnement de marchés et d'institutions1.
1 Douglas North définit les institutions comme des contraintes imaginées par l'homme pour structurer l'interaction entre les hommes. Ces contraintes peuvent être formelles (comme des lois) ou informelles (comme des

Philippe Jeannin

Pensée et politiqueséconomiques

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En pratique, la politique économique exige des arbitrages (par exemple entre emploi et productivité) et des réformes institutionnelles (par exemple des organes de régulation des marchés financiers). 2. Quelle est la raison d'être de l'intervention publique ? Les trois motifs de l'intervention publique :






l'allocation des ressources (leur affectation entredifférents usages, selon les objectifs poursuivis ou à cause de défaillances de marché). la stabilisation économique (pour corriger des écarts par rapport à l'évolution souhaitée). la redistribution (entre régions, entre acteurs) qui vise à modifier la répartition des revenus.

L'intervention de l'État entend favoriser l'émergence des marchés, pallier les défaillances du marché, corriger la rationalitélimitée des agents économiques et réduire les inégalités (3) pp. 9-23. 3. Quelle évaluation des politiques économiques ? Les critères de décision : en se donnant une fonction de bien-être social U = f (U1, U2, U3,...), on en comprend les enjeux. On oppose une fonction à la Bentham2 (selon laquelle on maximise U = ∑ Ui ) à une fonction à la Rawls3, selon laquelle on maximise un bien-être minimal U =Min (Ui). En pratique, l'évaluation des effets des politiques économiques fait appel à des outils différents pour les questions d'allocation, de stabilisation, de
conventions). 2 Jeremy BENTHAM (1748-1832), philosophe et juriste britannique. Sa doctrine est l'utilitarisme : « le plus grand bonheur pour le plus grand nombre ». Chaque individu agit en fonction de l'utilité (c'est-à-dire du plaisir)qu'il retire de ses actions. Bentham, qui propose une arithmétique des plaisirs, les uns comparés aux autres, estime que l'État doit prendre les mesures qui permettent de maximiser le bonheur total. 3 John RAWLS (1921-2002), philosophe américain. Dans ses travaux, il cherche à rendre compatible la liberté la plus grande avec une égalité effective des chances la plus forte. Sa théorie repose...
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