Economie et finance

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  • Publié le : 26 octobre 2010
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Finance d’entreprise
Jonathan Berk – Peter DeMarzo Gunther Capelle-Blancard – Nicolas Couderc – Nicolas Nalpas
ISBN : 978-2-7440-7275-8

Chapitre complémentaire : Évaluation des projets internationaux

Notations : FDevise Flux de trésorerie en devises s Taux de change au comptant (à l’incertain) f Taux de change à terme (à l’incertain)
* rEUR * rDevise

Coût du capital en euros Coût ducapital en devises Taux d’intérêt sans risque en euros Taux d’intérêt sans risque en devises Coût moyen pondéré du capital Valeur de marché de la dette Valeur de marché des capitaux propres Rentabilité exigée des capitaux propres Rentabilité exigée de la dette Taux d’imposition sur les sociétés

rf, EUR rf, Devise rCMPC VD VCP rCP rD τIS

En mars 1999, Renault crée avec Nissan, constructeurautomobile japonais, une alliance, point d’aboutissement d’une coopération entamée deux ans auparavant. L’alliance prévoit des participations croisées des deux entreprises (Renault détient 44 % de Nissan qui détient 15 % de Renault), le lancement de projets communs, le partage des coûts (par exemple de R&D) et l’aide de Renault au redressement de Nissan. Après plusieurs années de développement, lesprojets communs aboutissent et les deux entreprises tirent de nombreux profits de l’alliance. La présence de Renault au Japon est telle que l’entreprise y a émis des obligations en yens. Pourquoi les dirigeants de Renault ont-ils estimé qu’il fallait s’associer à un constructeur étranger, qui à l’époque n’était pas en très bonne santé ? En quoi ce projet était-il différent d’un projetfranco-français ? Ce chapitre traite des questions se posant lorsqu’une entreprise souhaite réaliser un projet à l’étranger. Ces questions sont de trois ordres : Un tel projet implique très probablement des flux de trésorerie exprimés en monnaie étrangère, alors que l’entreprise mesure la valeur créée par le projet dans la monnaie de son pays d’origine. Le taux d’intérêt et le coût du capital sont probablementdifférents dans le pays étranger et dans le pays d’origine, car ces taux sont fonction de l’environnement macroéconomique qui n’a aucune raison d’être le même dans les deux pays. Des différences légales, réglementaires et fiscales peuvent exister entre les deux pays. L’entreprise devra donc en tenir compte. © 2008 Pearson Education France – Finance d’entreprise

Sans prétendre à l’exhaustivitésur les questions relatives aux projets internationaux1, ce chapitre fournit le cadre de raisonnement pour traiter de l’évaluation de ces projets. L’analyse est tout d’abord conduite sous l’hypothèse de marchés financiers parfaitement intégrés, cette simplification permettant la comparaison de deux méthodes d’évaluation des projets internationaux. Ensuite, l’analyse est étendue au cas de marchésfinanciers imparfaitement intégrés.

31.1 L’évaluation de projets internationaux en marchés intégrés
Des marchés financiers sont intégrés – au niveau international – lorsque la valeur d’un projet réalisé à l’étranger ne dépend pas de la monnaie (domestique ou étrangère) utilisée pour l’analyse. Cela se comprend clairement à l’aide d’un exemple. Considérons un actif étranger risqué qui offre unflux de trésorerie unique FDevise dans un an. Sur le marché étranger, le prix de cet actif est égal à la valeur actuelle du flux de trésorerie, actualisé au coût du capital approprié du point de vue de l’investisseur étranger : Equation 31.1 : FDevise / (1 + r*Devise) Le taux de change au comptant (taux spot) de l’euro contre la monnaie étrangère est noté s. Dans ce chapitre, les taux de changesont exprimés à l’incertain : le taux de change exprime donc le nombre d’euros nécessaires à l’achat d’une unité de monnaie étrangère2. Un investisseur européen qui souhaite acheter cet actif doit donc payer aujourd’hui : Equation 31.2 : s ×
* (1 + rDevise )

FDevise

€.

Au bout d’un an, l’investisseur européen détenant cet actif devra convertir le flux de trésorerie qu’il reçoit en euros....
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