Economie

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 11 (2588 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 1 mai 2011
Lire le document complet
Aperçu du document
CÔTE D'IVOIRE - 

Côte d’Ivoire: La crise ivoirienne divise les intellectuels

Alassane Ouattara (G) et Laurent Gbagbo (D)
La crise qui secoue la Côte d’Ivoire depuis le 2 décembre dernier suscite un intense débat chez les intellectuels en Afrique, comme en France. Le rôle de la « communauté internationale » et de la France, l’utilisation ou non de la force, sont au cœur des discussions.Avec une inquiétude commune : la peur d’une déflagration dans ce pays d’Afrique de l’Ouest.
Quelle que soit leur opinion, rarement crise africaine aura autant et aussi rapidement fait réagir les intellectuels. On avait peu entendu les Africains au lendemain du cataclysme que fut le génocide rwandais de 1994. Au point qu’un groupe d’écrivains, menés par le dramaturge tchadien Nocky Djedanoum avait,dix ans plus tard, dû entamer un salutaire travail de mémoire pour sensibiliser les Africains à ce crime de masse. Cette fois, même si les situations sont, à bien des égards, différentes, les intellectuels se mobilisent.
|
Quelques jours après la proclamation par le Conseil constitutionnel ivoirien de la victoire de Laurent Gbagbo, Wole Soyinka a été l’un des premiers à s’exprimer. Le prixNobel de littérature nigérian a appelé le chef de l’Etat sortant à saisir la seule solution « honorable » à ses yeux, celle qui consisterait à quitter le pouvoir. Un appui symboliquement important pour Alassane Ouattara, président reconnu par la communauté internationale, de la part d’une personnalité engagée depuis des décennies pour le combat démocratique.
|

Mais alors que s’est renforcée lapression extérieure, doublée d’une menace d’intervention militaire pour obliger Laurent Gbagbo à céder son siège, les critiques se sont multipliées contre l’attitude de la communauté internationale. Dans une lettre ouverte publiée dans l’hebdomadaire Jeune Afrique, l’écrivaine camerounaise Calixth Beyala, a ainsi pris la défense du président sortant. « Je ne crois pas que M. Alassane Ouattara soitle président élu de la Côte d’Ivoire car, pour cela, il eut fallu que sa victoire fut reconnue par le Conseil constitutionnel de son pays, écrit-elle. On se souvient du cas des Etats-Unis où s’opposaient Al Gore et George W. Bush. La cour trancha en faveur de ce dernier alors qu’il bénéficiait de moins de voix que son adversaire. Il me semble n’avoir pas entendu des cris d’orfraie des démocratesdu monde entier.  »
|
|
|
Avec une trentaine d’autres personnalités, Calixthe Beyala a signé un « Appel d’intellectuels contre une intervention militaire en Côte d’Ivoire ». Sans prendre position pour l’un ou l’autre des présidents, le texte, paru dans le quotidien communiste français l’Humanité, se prononce contre l’usage de la force, prônée par le camp Ouattara et la Communautééconomique des Etats d’Afrique de l’Ouest, et, à mots couverts, contre tout néo-colonialisme.
« Une telle intervention se traduirait par une résistance civile et des actions sanglantes devant une armée d’occupation ; puis certainement des massacres urbains entre Ivoiriens et étrangers, qui gagneraient l’ensemble du territoire dans les combats fratricides : l’horreur du Rwanda devrait-elle recommencersous nos yeux par l’irresponsabilité illimitée des marchands de canon et des impérialismes d’un autre âge? », s’interrogent les signataires.
|
Parmi eux, le professeur de droit Albert Bourgi et l’ancien « Monsieur Afrique » du Parti socialiste, Guy Labertit, tous deux des proches de Laurent Gbagbo, des sociologues, le Suisse Jean Ziegler et le Sénégalais Malick Ndiaye, ou encore le politologuefrançais Michel Galy, l’opposant centrafricain Martin Ziguélé et le cinéaste camerounais Jean-Marie Teno.
Sur le même ton, l’ancien secrétaire général d’Amnesty International, Pierre Sané, également signataire de cet appel,  dénonce « l’empressement » de l’ONU à reconnaître la victoire d’Alassane Ouattara, comme les pressions internationales. « Même si, in fine, Alassane Ouattara venait à...
tracking img