Economie

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  • Publié le : 4 décembre 2009
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Joseph STIGLITZ
Son œuvre
Joseph STIGLITZ appartient au courant de pensée des "nouveaux keynésiens" qui ont introduit dans la macroéconomie keynésienne l'étude des comportements individuels (de nature microéconomique). STIGLITZ a ainsi contribué à fonder la nouvelle microéconomie qui, depuis les années 1970, se démarque des hypothèses de concurrence pure et parfaite et de marchés parfaits telsqu’ils ont été développés par Léon WALRAS et perpétués par de nombreux économistes néoclassiques. Selon lui, les défaillances du marché laissent une place à l'intervention de l'État et à l'instauration de règles volontaristes adoptées par la négociation ou le compromis. Les rigidités existent mais elles résultent des comportements des individus confrontés à deux phénomènes particuliers :l'incertitude et l'asymétrie de l'information.
À défaut de connaître le futur et de pouvoir prendre des décisions rationnelles, les agents ne s'engageront sur le marché (du travail, du crédit, du foncier, etc.) qu'à travers des contrats négociés entre eux.
STIGLITZ applique la théorie de l’agence aux contrats d'assurance car l'information des agents contractants est asymétrique ; les acheteurs et lesvendeurs ne disposent pas des mêmes informations sur les biens qu'ils échangent. D'où une inégalité entre le " principal " (aussi appelé le mandant) et l'" agent " (le mandataire). L’agent qui dispose de davantage d’informations possède une rente informationnelle qu’il peut exploiter au détriment du principal. STIGLITZ montre par exemple qu'un assuré potentiel à faible risque quittera son assureurs'il constate que des contractants présentant plus de risques paient la même prime que lui. Ce départ contribuera à diminuer la qualité même des assurés qui restent et à faire augmenter leur prime. Tout se passe alors comme si les assurés à hauts risques se substituaient de proche en proche aux assurés à faible risque. C'est un phénomène classique de " sélection adverse " qui, appliqué aux relationsentre emprunteur et banquier, entraîne de la même façon un rationnement du crédit.
Tout aussi connu est l'apport de STIGLITZ aux théories du salaire d'efficience. Les libéraux expliquaient que le niveau des salaires ne diminue pas comme il le devrait dans une situation de chômage (quand l'offre de travail est supérieure à la demande) parce que le marché du travail est paralysé par des rigidités(conventions collectives et droit du travail contraignants, exigences syndicales). STIGLITZ et les nouveaux keynésiens répondent que le marché du travail ne fonctionne pas ainsi. Les employeurs, ne pouvant mesurer ni l'efficacité ni l'intensité de l'effort de travail de chaque salarié, proposent un salaire d'efficience supérieur à celui qui équilibrerait, en théorie, l'offre et la demande detravail. Ils attirent ainsi des salariés fidèles, reconnaissants et plus performants. En situation d'excès de main-d'œuvre, l'ajustement se fait alors non pas par le prix (le salaire ne baisse pas), mais par les quantités. Le chômage est donc involontaire.
En juin 1993, le président Bill Clinton le nomme directeur de ses conseillers économiques (" Council of Economic Advisers ",comité de trois expertsnommés parle président pour conseiller en matière les institutions du pouvoir exécutif américain). Dès lors, la voix de STIGLITZ va se fait entendre au-delà du milieu académique. Il est à la base de la controverse qui oppose, au sein de la Banque mondiale, les " révisionnistes " et les " néoclassiques ". Pour ces derniers, l'État accompagne " amicalement " le marché alors que STIGLITZ explique,lui, que l'État conduit le marché par des politiques sélectives de crédit et de soutien à l'exportation. Le " révisionniste " dénonce sans relâche le " consensus de Washington ", ce discours commun au FMI et à la Banque mondiale pour lequel la libéralisation financière permet le développement du marché des capitaux et par suite, la croissance dans les pays en développement.
Après la crise...
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