Eglise et le roi

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  • Publié le : 12 juin 2010
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L'Eglise et le roi, XVIIe XVIIIe siècles
« La France fille aînée de l'église » cette acception remonte à l'origine de la royauté en France. Clovis, roi Franc salien, fut le premier roi de premier plan en Europe occidentale à se convertir à la religion catholique, apostolique et romaine. Il fut surnommé le fils aîné de l'église, d'où cette qualification pour la France. Dès lors, (le cas Henri IVétant spécial) le roi de France se doit d'être catholique. La France ne transigera jamais sur cette condition, se disputant même régulièrement la primauté avec le Saint empire romain germanique notamment. Ceci posé, on ne peut appréhender correctement le sujet en occultant le fait majeur qu'est le pouvoir de droit divin. Notons ici, que le roi tient son autorité de Dieu. Toute la symbolique duSacre, à Reims, est censée nous le montrer : le roi est oint de l'huile de la sainte ampoule de l'abbaye Saint Marcoul sur le front et aux endroits correspondant aux stigmates du Christ. En cet honneur, Il n'a de compte à rendre à personne sur son territoire sauf à l'Autorité Supérieure. Pour abonder dans le sens de l'importance de l'église pour la royauté au XVIIème et XVIIIème siècle on peut aussirappeler le rôle prépondérant que des hommes d'église ont eu à jouer dans le gouvernement français à l'époque qui nous intéresse ici (Richelieu, Mazarin, Bossuet, Fleury et d'autres). À côté de cela, paradoxalement, l'articulation entre la suprématie du roi sur ses sujets et la place parfois difficile à trouver de la France dans la communauté catholique dans son ensemble a souvent été délicate. Leconcordat de Bologne (1516) sous François Ier l'illustre très bien. Pour ajouter une dimension à la complexité du sujet, il faut considérer les dissidences intérieures avec principalement ce qu'on appelle la religion prétendument réformée. Source des guerres de religion (deuxième moitié du XVIe siècle) qui ont ensanglanté la France , il est intéressant de réfléchir sur ce qu'ont été les annéesentre l'apaisement général qu'a été l'Edit de Nantes (1598) et la chute de cette monarchie de droit divin à la fin du XVIIIe siècle. À l'image des deux siècles précédents, le XVIIe et XVIIIe siècle en France ont connus un certain nombre de remous religieux. Ainsi, il sera pertinent de s'interroger sur ce que le pouvoir temporel de l'absolutisme royal en vigueur à cette époque est disposé à céder surle pouvoir spirituel de la papauté et, « au-dedans » aux contre-pouvoirs religieux éventuels. Afin d'y répondre au mieux, nous allons décomposer le problème en trois parties successives : tout d'abord, nous allons essayer d'évaluer les relations entre le Saint-Siège et le trône de France, puis nous allons apprécier la volonté du pouvoir d'imposer sa mainmise sur la vie religieuse française, enfinnous allons essayer d'évaluer face à quelles limites se sont heurtés ces velléités d'absolutisme.

A/durcissement du gallicanisme
- Pour bien comprendre le gallicanisme de Louis XIV, il faut savoir que depuis le concordat de Bologne (1516) le roi nommait les évêques et les abbés et le pape ratifiait seulement une fois fait. Louis XIV ne rompt pas avec la politique vaticane de ses prédécesseursmais il s'inscrit dans un mouvement en franchissant tout de même une étape. Le gallicanisme est une politique qui consiste à adopter une certaine autonomie de l'église de France (Roi, évêques...) Par rapport au Saint-Siège. On peut noter au passage que l'université de la Sorbonne en est, entre autres, à l'origine. Il va sans dire que nombre de personnes dévotes en étaient outrés ; on les appelaitles ultramontains. On peut aisément imaginer quel fut leur choc quand Louis XIV menaca de guerre le pape Alexandre VII en 1662 car il voulait réduire l'extra territorialité de l'ambassade de France à Rome (pour raisons diplomatiques et de police). Avignon est occupé.
- En 1673, Louis XIV, qui aimait les règles générales, entreprit de systématiser à tous les diocèses le droit de régale qui...
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