Elévation

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 5 (1219 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 11 novembre 2009
Lire le document complet
Aperçu du document
Le titre de ce texte est un nom commun isolé : « élévation ». Cette position privilégiée laisse supposer qu’il s’agit également du titre du texte (d’autant plus que le point qui le termine donne l’impression qu’il se suffit à lui-même, qu’il englobe tout)), même si rien ne permet encore de savoir de quelle élévation il est question. L’idée principale véhiculée par ce terme est celle de hauteur.Dans le domaine moral, on parle « d’élévation de l’âme », ce qui sous-entend une progression vers le haut, à un degré supérieur, forte (plus qu’une simple montée) et positive. On peut aussi y voir une simple évocation topographique d’un point culminant, une éminence. [X]

La première phrase, brève et limpide, est l’idée centrale avancée par le texte : la vie peut être comparée à unemontagne. Le modalisateur « pareille à » est à considérer dans le sens de « semblable à », c’est-à-dire non pas identique, mais présentant des similitudes, qui ne sont pas encore précisées. [V] Le comparant, « une montagne », renvoie implicitement au titre « élévation », les montagnes représentant les points de la surface terrestre où l’altitude est la plus élevée ; le déterminant indéfini « une » nouslaisse dans l’imprécision : il ne s’agit pas d’une montagne particulière, ce qui signifie que la comparaison vaut pour toutes les montagnes. [V] Le choix du mode et du temps (indicatif présent) va, lui aussi, dans le sens de la généralité : on souhaite nous présenter ce fait comme étant une vérité valable de tous temps, en tous lieux et pour tout le monde – il n’y a d’ailleurs aucun complément dunom ou de la phrase pour la restreindre. Ce qui incite à penser que « vie » désigne la condition humaine en tant que concept, donc accompagné d’un déterminant défini (« la »). [V]

La deuxième phrase développe l’analogie ; elle fait clairement référence à la première phrase par l’emploi de « ses », renvoyant à « la vie » envisagée comme une montagne. La comparaison avec un terme concret,« montagne », permet une évocation mentale [oui, à développer] qui ne serait pas possible dans le cas d’un terme abstrait envisagé seul, et qui est utilisée ici : le complément initial, « sur ses flancs », précise le lieu de l’action. On ne se trouve pas (encore) au sommet, mais bien sur les parties latérales de la montagne ; ces flancs représentent de manière imagée le chemin que doivent parcourirles « travailleurs », en fait les difficultés qu’ils doivent affronter. Le verbe « monter » précise qu’il s’agit bien d’une ascension, qui doit être celle de l’ « élévation » initiale. Mais cette ascension n’a rien d’aisée, au contraire ; ce qui caractérise le plus cette phrase, c’est l’omniprésence de mots faisant partie du champ lexical de la peine [V] : d’abord « péniblement », bien sûr, placéavant même le sujet – preuve s’il en est de son importance -, qui décrit la montée ; le sujet « travailleurs », le travail étant, au sens étymologique, un instrument de torture, et au sens actuel, une charge ; « en gémissant », un gérondif présent (ce qui montre bien que ce verbe est indissociable du verbe principal) du verbe « gémir », qui rend la peine douloureuse ou oppressante ; « efforts »,enfin, ces efforts étant en outre qualifiés de « perpétuels », on semble n’en voir jamais la fin, ce qui souligne leur inanité. Cette progression, qui est pourtant inexorable, est clairement lente, puisqu’elle est comparée à une marche [qu’en dire d’autre ?]. La présence de termes désagréables évoquant cette tâche donne l’impression qu’elle est le seul objectif poursuivi par les travailleurs, qu’elleles obnubile [V], ce qui en augmente l’importance (et par là, le caractère oppressant). Quant au sujet, « les travailleurs », il s’agit d’un collectif (déterminant défini pluriel) très vaste, qui regroupe des personnes qui ont en commun d’être contraintes de fournir un effort pour pouvoir vivre. Cette phrase nous les définit en quelque sorte comme s’ils étaient des Sisyphes injustement...