Eloge de la folie (erasme)

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Didier ÉRASME

Éloge de la Folie

Encomium Moriae (du grec : Môrias Enkomium, Mωρίας Εγκώμιον)
En latin : Stultitiae Laus

Écrit en 1509, dédié à son ami Thomas More.
Publications : Paris (?), Strasbourg (1511), Anvers (1511), Bâle (1513)
Traductions : dans les grandes langues européennes, dès le XVIe siècle.

La traduction qui suit est cellepubliée par Thibault de Laveaux à Bâle (1780)

Didier ÉRASME [de Rotterdam]

Né à Rotterdam vers 1469, mort à Bâle en 1536, Erasme est la figure la plus marquante de l'humanisme. Fils – naturel – d'un prêtre, ordonné prêtre lui-même en 1488, il suit, en 1495, les cours de théologie et de littérature classique à l'Université de Paris.

Premier séjour en Angleterre en 1499 où il rencontre ThomasMore qui aura sur lui une grande influence. Il voyage ensuite aux Pays-Bas, en France, en Angleterre.

Il publie le Manuel du Chevalier Chrétien en 1504, des Adages (800 proverbes) en 1508. De 1506 à 1508, il est en Italie, à Venise et à Rome. Il étudie le grec. Il quitte l'Italie pour l'Angleterre et, en route, écrit son "Eloge de la Folie" qu'il terminera chez Thomas More (mars 1508).
Ilenseigne le grec et la théologie à Cambridge. En 1516, son "Nouveau Testament" traduit du grec, dédié à Léon X obtient un très grand succès.

Il s'installe à Bâle en 1521 et, en 1524, publie le "De Librio Arbitrio" où il réfute la thèse de la prédestination de Martin Luther qui lui répond en 1525 avec son "De Servo Arbitrio".

Auteur prolixe, préférant toujours le texte, et rien que letexte, à l'allégorie chère au néo-platonisme florentin, son influence est immense sur tous les penseurs du XVIème siècle. Il meurt sans avoir réussi à maintenir l'unité de l'Eglise pour laquelle il luttait.

C’est être dieu que de faire du bien aux hommes.

Qu’est-ce que la vie, si vous en retranchez les plaisirs ? Mérite-t-elle le nom de vie ?

« La vie la plusagréable est celle qui se passe sans aucune espèce de sagesse. » (Sophocle)

Il est vrai que la femme est un animal extravagant et frivole ; mais il est aussi plaisant et agréable. En vivant avec l’homme, elle saura tempérer et adoucir par ses folies son humeur chagrine et bourrue.

Lorsque Platon paraît douter s’il doit placer la femme dans la classe des animaux raisonnablesou dans celles des brutes, il veut seulement nous désigner par là l’extrême folie de ce sexe charmant. En effet, s’il arrive qu’une femme s’avise de vouloir passer pour sage, elle ne fait qu’ajouter une nouvelle folie à celle qu’elle avait déjà. Un singe est toujours un singe, dit un proverbe grec, même lorsqu’il et revêtu de pourpre. De même, une femme est toujours femme, c'est-à-dire toujoursfolle, quelques efforts qu’elle fasse pour se déguiser.

Des rapports homme-femme

D’où vient chez les hommes cet extérieur rebutant et sauvage, cette peau velue, cette forêt de barbe, et cet air de vieillesse qu’ils ont dans tous les âges ? Tout cela vient du plus grand de tous les vices, de la prudence. Les femmes au contraire ont les joues unies, la voix douce, la peau délicate,tout en elles offre l’image charmante d’une jeunesse continuelle. D’ailleurs ont-elles d’autre désir dans cette vie que celui de plaire aux hommes ? N’est-ce pas là le but de ces parures, de ces fards, de ces bains, de ces frisures, de ces parfums, de ces odeurs, et enfin de toutes ces préparations cosmétiques, qui servent à embellir, à peindre à ce but si désiré ? Et si les hommes souffrent toutaux femmes, n’est-ce pas uniquement dans la vue du plaisir qu’ils en attendent ? Et ce plaisir, en quoi consiste-t-il ? dans la folie. On sera convaincu de cette vérité, si l’on fait attention à toutes les fadaises que dit un homme, à toutes les folies qu’il fait avec une femme, toutes les fois qu’il lui prend envie de jouir de ses faveurs.

De la longévité du mariage

Qu’on...
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