Elton mayo

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Elton Mayo et l’école des relations humaines

Article de Marc Mousli paru en mars 2007 dans le n°256 d’Alternatives économiques. Le site d’Alternatives économiques : http://www.alternatives-economiques.fr/ offre un ensemble d’articles de qualité sur les questions économiques et sociales. S’il est un homme qui a marqué les théories du management, c’est bien Elton Mayo. Son nom estinséparable de ce qui est considéré comme le fait fondateur de la sociologie industrielle : les expériences menées dans l’usine de Hawthorne de la Western Electric Company. Il en a tiré des enseignements qui ont donné naissance au courant théorique le plus fécond et le plus controversé du vingtième siècle, en matière de management : l’école des relations humaines. Mayo n’était pas un universitaire de hautvol, mais il était brillant, charmeur, élégant, maître dans l’art d’animer un débat. C’était aussi un psychologue de talent, au diagnostic très sûr, capable d’intuitions fulgurantes et d’analyses pertinentes. Il était pourtant lui-même psychologiquement fragile. Né en 1880 à Adelaïde, en Australie, il est poussé par ses parents vers des études de médecine qu’il ne mènera jamais à bien, malgréplusieurs tentatives. Dans l’université de sa ville natale, il s’arrête en deuxième année. Envoyé en Écosse, il échoue à nouveau. Un troisième essai raté, à Londres, le marque à vie : il entretiendra un doute récurrent sur ses capacités, qui le déprimera profondément à chaque revers ou contrariété. Après ces échecs, il enchaîne les « petits boulots » : employé dans une usine de diamants en Afrique duSud, pigiste au Pall Mall Gazette à Londres, correcteur chez un éditeur de bibles, puis finit par rentrer en Australie, où il reprend des études de psychologie et d’économie, épouse une jeune fille de bonne famille et commence une carrière de professeur à l’Université de Brisbane. Pendant quelques années, il mène de front enseignement et pratique privée de la psychologie. Pionnier de l’utilisationthérapeutique de la psychanalyse en Australie, il voudrait faire progresser cette discipline et être reconnu par ses pairs, mais le Brisbane de l’époque est une petite ville provinciale où il doit se battre pour obtenir un salaire décent ou faire embaucher un assistant. Il n’est pas question d’y obtenir des crédits et du temps pour la recherche. Il se met donc en congé et part se perfectionner enAngleterre. À court d’argent, il s’arrête aux États-Unis pour y donner quelques conférences. Il y restera jusqu’à sa retraite. Son regard sur le « facteur humain » au travail et sur l’approche psychologique des conflits sociaux tranche avec le courant dominant. L’heure est au taylorisme, et le monde de l’industrie a une vision très mécaniste du travailleur : l’ouvrier « de première classe » doit 2

être résistant et appliquer sans réfléchir les règles et méthodes définies par la hiérarchie. La seule motivation qu’on lui reconnaisse est son salaire. Pour Mayo, cette conception ne correspond pas à la réalité du fonctionnement humain et provoque des troubles physiques et psychologiques chez les salariés. À Philadelphie, où il s’est installé, il remporte quelques succès, après des débutsdifficiles. Il est appelé dans une filature, Continental Mills, où l’ambiance était globalement bonne, pour tenter de comprendre pourquoi l’atelier de filage connaît un turnover de 250% (contre 5% par an dans le reste de l’usine), avec de nombreux cas de dépression et d’alcoolisme. Il montre que ces dysfonctionnements sont dus à la grande monotonie des tâches et à la fatigue causée par despostures de travail physiquement éprouvantes, les ouvriers passant leurs journées à se contorsionner sous les machines pour rattacher les fils cassés. En modifiant le rythme de travail, en instituant des pauses, en apprenant aux ouvriers des techniques simples de relaxation, il obtient des résultats spectaculaires. Mais l’occasion d’entrer par la grande porte dans l’histoire des théories de la...
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