Empire et papauté

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 5 (1222 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 27 avril 2010
Lire le document complet
Aperçu du document
La mort d’Henri V en 1125 marque la fin de la dynastie de Souabe à la tête du Saint-Empire. Le nouvel empereur, Lothaire de Supplinbourg est un prince qui a toujours été fidèle au pape. Celui-ci l’appelle pour l’aider à lutter contre les prétentions de Roger II de Sicile.

Deux gestes de l’empereur Lothaire, au départ simples gestes de déférence sont rapidement interprétés par la papauté commedes rites exprimant une entière soumission. À Liège, en 1131, l’empereur prend le cheval du pape par la bride et, en 1133, il se fait remettre un anneau signifiant qu’il tient la Toscane du Saint-Siège. Dans la propagande pontificale Lothaire devient l’écuyer du Saint-Père. Dans une fresque au Latran, il est représenté humblement à genoux recevant des mains d’Innocent II la couronne[6]. Lasituation s’envenime lorsqu’en 1157, à la diète de Besançon – la Bourgogne fait alors partie du Saint-Empire romain germanique – le légat du pape, Orlando Bandinelli, futur Alexandre III, déclare que « Rome est si bien disposée à l’endroit de Frédéric Ier qu’elle lui concèderait de bien plus grands beneficia encore ». Le terme latin beneficia a deux significations : bienfaits ou fief. Le mot est traduiten allemand par Lehen, c’est-à-dire fiefs. Le légat faillit bien se faire écharper pour un tel affront[5]. Cet incident marque d’ailleurs la rupture entre la papauté et Frédéric Barberousse, le début de la phase violente de la lutte du Sacerdoce et de l’Empire.

Le pape a, en fait, du mal à imposer son dominium mundi. En Angleterre, il rencontre une vive opposition de la part d’Henri II quiréussit à maintenir sa domination sur l’Église anglaise. À l’intérieur de l’Église, des clercs doutent de la supériorité du pouvoir pontifical sur celui des princes[7].

En Italie, Arnaud de Brescia défend l’idée d’une pauvreté totale et veut contraindre le pape à renoncer à tout pouvoir temporel. Bien que condamné pour hérésie en 1140, il se joint à une révolte républicaine qui chasse de Rome lepape et ses cardinaux en 1145. Le pape Eugène III doit faire appel à l’empereur Frédéric Barberousse. À Constance, en 1153, les deux hommes signent un accord. En échange de la reconquête des États pontificaux pour le pape, ce dernier s’engage à couronner Barberousse empereur. Rome est reprise en 1155. Barberousse est couronné le lendemain de son entrée dans la ville, le 18 juin 1155[8] par Adrien IV.Mais la ville reste peu sûre. Il est paradoxal de constater que le pape qui réclame le dominium mundi ne puisse séjourner dans sa capitale par trop rebelle.
Le conflit entre Frédéric Barberousse et le pape [modifier]

À cette époque, deux maisons s’affrontent dans l’Empire. Les Guelfes, dont le nom dérive de celui de la famille ducale de Bavière, Welf, soutiennent la papauté. Les Gibelins sontles partisans de l’empereur. Leur nom est une altération de Waiblingen le fief d’où viennent les Hohenstaufen.
Barberousse habillé en croisé
Miniature de 1188

Frédéric Ier veut restaurer la puissance impériale. La renaissance du droit romain lui permet de remettre en vigueur l’idée de l’État et de la supériorité du pouvoir du souverain temporel[9]. Frédéric Barberousse est soutenu dans salutte contre le Saint-Siège par son chancelier, Rainald de Dassel, qui le pousse à la rupture avec la papauté[10] et par les princes et prélats allemands. Il parvient en effet à prendre en main le clergé allemand grâce à une interprétation audacieuse du concordat de Worms. Il affirme qu’il peut intervenir dans les élections épiscopales quand il y a désaccord entre les électeurs. De plus, il refusesans relâche l’investiture du temporel au candidat qui lui déplaît. Il peut ainsi imposer ses vues à Augsbourg en 1152, à Worms en 1153 et même au pape à Magdebourg en 1154[10]. Les évêques et les abbés redeviennent ainsi des « fonctionnaires impériaux ». Il affirme par ailleurs qu’il revient aux grands de l’Empire d’élire le souverain choisi par Dieu. Dans cette optique, le pape n’a aucun rôle...