En attendant godot de samuel beckett acte 2

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  • Publié le : 28 juin 2010
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En attendant Godot de Samuel Beckett. Acte deuxième : p. 100 à 105, éditions de Minuit (1952-2009).

INTRODUCTION : Vladimir et Estragon attendent toujours Godot et ont cru qu’ « on » venait. Scène de guet, puis d’angoisse, puis éternel manège de dispute et de réconciliation. Puis Estragon : « Tu crois que Dieu me voit ? », appel à Dieu éperdu, aux cris de « De moi ! De moi ! Pitié ! Demoi ! », qui font entendre la détresse du personnage. L’arrivée de Pozzo et Lucky semble alors répéter un des rebondissements du 1er acte ; mais, comme toujours dans cette pièce, tout recommence et quelque chose a changé : l’un est devenu aveugle, l’autre, sourd ; et Lucky a changé de chapeau.
Mais qu’est-ce qui a changé ? Quelles relations se tissent cette fois entre lespersonnages et avec quelle issue pour la pièce ?
1. Changements et continuité dans le dispositif scénique et dramatique :
Dans le dispositif scénique, des éléments reviennent, invariables, d’autres changent :
a. - Ce qui ne change pas : même lieu dépouillé (Route, arbre, pierre, à la campagne).
Retour des mêmes personnages apparus dans le 1er acte. 4 sont sur scène dont un, muet, Lucky. La didascalieinitiale insiste sur l’élément qui ne change pas : le chargement de Lucky, en utilisant des comparaisons : « comme au premier acte. », celle-ci répétée, ou « comme au premier acte mais beaucoup plus courte », avec la comparaison puis l’adj. au comparatif de supériorité « plus courte », qui modère l’analogie.
Vladimir se pose toujours en raisonneur, ses répliques longues et plus nombreuses leprouvent. Le dialogue en coqs à l’âne entre Estragon et lui continue : ainsi p. 104 : « Vladimir : -Je n’irais pas jusque là. Estragon :- Tu trouvez que c’est assez ? ». Vladimir :- Non, je veux dire jusqu’à affirmer que je n’avais pas toute ma tête en venant au monde. »
Mais des choses ont changé.
b. - Ce qui change : Le temps, puisque c’est le lendemain. Pozzo aveugle : le passé composé« est devenu » souligne le changement, indiquant un rebondissement qui a eu lieu en coulisses et qui laisse perplexe sur la durée qui sépare cet instant de la rencontre du 1er acte : combien a-t-il fallu de temps pour que Pozzo devienne aveugle ?
Lucky, on le verra, est devenu muet. Son chapeau est « nouveau » ; la corde est plus courte. Pozzo et Lucky ne sont plus debout mais tombés à terre : « Ilsrestent étendus sans mouvement au milieu des bagages. »
Pozzo est donc beaucoup moins agité qu’auparavant. Leur situation est différente : les voilà transformés par le démonstratif « ça » (« ça tombe à pic ! » dit Vladimir, parlant à la fois du rebondissement et des personnages) et par le terme de « tas », selon la didascalie de la page 100 ; beaucoup moins animés qu’avant, ils sont commeexténués et vaincus, réduits à l’état d’objets.
-C’est d’ailleurs ainsi que vont les traiter Estragon et Vladimir, qui ne leur adressent pas la parole. Les appels à l’aide de Pozzo ponctuent 6 fois la scène : « A moi ! », sans qu’ils lui répondent. Ils parlent de lui mais ne s’adressent pas à lui, le réifiant (ou chosifiant). Le 6ème appel s’accompagnant de l’offre d’une somme, il reçoit enfin réponse.On est donc loin de la situation du 1er acte.
c. Dramatiquement, cette scène pourtant semble d’abord l’écho et la répétition de la 1ère rencontre : mention des « os » de poulet par 2 fois ; rappel de l’agression de Lucky sur Estragon : « C’est lui qui t’a attaqué hier » ; souvenir des mouvements brusques de celui-ci : « Que Lucky ne se mette en branle tout d’un coup. »
d. Mais lasituation a changé : Pozzo à terre, Lucky aussi, les deux autres oscillent entre plusieurs partis : prendre, dans la logique de ce qui précède, Pozzo pour Godot, comme le fait Estragon, montrant ainsi qu’il l’a oublié : « Je savais que c’était lui.- Qui ? –Godot. » ; ou bien l’agresser, en un acte gratuit, puisqu’ il est « à notre merci », ou agresser Lucky par vengeance des coups reçus ;...
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