En quoi ces poemes sont-ils provocateurs?

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  • Publié le : 18 mai 2010
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Français : la poésie.

Question : En quoi ces poèmes sont-ils provocateurs ?

Ce sujet portant sur la poésie est constitué d'un corpus de quatre poèmes (dont un extrait), écrits dans la seconde moitié du XIX ème siècle entre 1856 pour celui de Victor Hugo et 1887 pour celui de Germain Nouveau. Cette époque est encore fortement marquée par la poésie classique et la poésie romantique du débutdu XIX ème siècle.
Ces poèmes qui sont pour certains les précurseurs de la poésie moderne et surréaliste sont donc provocateurs sur la forme et sur le fond.
Sur la forme, car il prennent une construction plus libre, éloignée du conformisme de l'alexandrin classique qui était de rigueurs.
Ainsi, le texte A, J'aime l'araignée, tiré du recueil, Les Contemplations de Victor Hugo, constitué desept quatrains (chiffre impair), formés eux mêmes de deux vers décasyllabiques alternés avec deux vers moitié moins grands, des pentasyllabiques (chiffre impair), ce contraste et ce décalage crée ainsi un effet de rythme renforcé par des anaphores (répétition huit fois de « Parce qu- » en début de vers, etc...) et l'enjambement entre les deux derniers quatrains : « Dans leur fauve horreur, pour peuqu'on oublie / De les écraser // Pour peu qu'on leur jette un oeil moins superbe, ».
Mais ce n'est pas le plus novateur, ainsi, le texte B, un extrait du deuxième chant de Les Chants de Maldoror, écrit par Lautréamont est lui, entièrement en prose, l'art poétique est seulement rendu visible par des effets de rythme sur les phrases et les répétitions de sons (assonances et allitérations).
Letexte C, Le Crapaud, un poème de Tristan Corbière est un peu construit comme un sonnet inversé puisqu'il est constitué de deux tercets avec des rimes italiennes (AAB CCB) suivis de deux quatrains aux rimes embrassées (ABBA), avec le dernier vers servant de chute, séparé du reste du poème. Tous les vers sont octosyllabiques.
Le texte D, Le peigne, un poème de Germain Nouveau, a quant à lui, uneconstruction assez classique mais un peu comme une chanson : avec le derniers vers de chaque quatrain : « - le peigne est un grand seigneur», qui revient presque toujours identique sur douze des treize quatrains de ce poème (nombre impair) le dernier étant terminé par la chute : « Et je suis votre serviteur ».
Mais la provocation par rapport à la poésie classique se fait surtout sur le fond et lethème traité, puisque ces trois poèmes font la description et l'éloge de la laideur, thème prosaïque, très éloigné des nobles sources d'inspiration utilisé par la poésie classique. Dans ces quatre textes, les poètes utilisent le thème de la laideur pour faire la description de plante, d'animaux ou d'objet rejetés et marginalisés.
Ainsi, dans son poème commençant par « J'aime l'araignée », Victor Hugo,utilise le registre lyrique pour faire passer son message de compassion et de tolérance en faisant l'éloge de l'araignée et de l'ortie, qui sont considérées par la plupart comme des plantes et des animaux laids et méchants.
Dans, Le Pou, Lautréamont s'adresse directement au lecteur et nous fait la description surréaliste et non élogieuse du pou, en utilisant un vocabulaire « parlé », des imageset des expressions qui dénotent avec son époque : « Attendez un instant, je vais vous le dire [...] ne lui léchez pas les papilles de la langue. Il vous arriverait quelque accident ».
Dans, Le Crapaud, de Tristan Corbière, c'est un dialogue avec le poète qui se représente comme un crapaud. Et il utilise là, tous les aspect du dialogue parlé : tiret, interjections, points de suspension, doubleexclamations...
Enfin, dans Le peigne, Germain Nouveau, fait une éloge assez comique d'un objet pourtant banal, le peigne.
Ainsi, de par leurs formes et leurs fonds ces poèmes sont novateur pour leur époque, et peuvent avoir été provocateurs.

Dissertation :
La laideur peut-elle être une source d'inspiration pour un poète au même titre que la beauté ?

Dans la seconde moitié du XIX ème...
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