En quoi le partage de la valeur ajoutée influence t-il le niveau de l'investissement ?

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  • Publié le : 15 décembre 2011
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Les profits records que le groupe pétrolier Total a réalisés en 2007 ont suscité un débat Dans l'histoire de l'économie française, jamais une entreprise française n'avait affiché des résultats aussi spectaculaires : près de 12,6 milliards d'euros. Alors que depuis plus de deux décennies, la rigueur salariale est de mise il est naturel que l'on s'interroge sur les superprofits et les règles quiprésident à leur partage alors que la principale proéocupation des fançais est le pouvoir d'achat. La politique économique française s'est inspirée tout au long des années 1980 du fameux « théorème de Schmidt » (par allusion au chancelier allemand Helmut Schmidt) : « Les profits d'aujourd'hui font les investissements de demain et les emplois d'après-demain. » Or, la France a appris à ses dépensque l'équation magique ne fonctionnait pas toujours.
Définition: le partage de la creation de richesse (valeur ajoutée, estimée au niveau national par le PIB) entre salaire et profit est donc essentielle a l'activité économique et particulièrment a l'investissement des entreprises c'est à dire l'acquisition par l'entreprise de moyens de production qui viennent remplacer et ou accroitre le capitalproductif, c'est a dire essentiellement les machines .
De quelle manière la capacité d'investir est-elle reliée au partage de la valeur ajoutée ? La capacité d'investir résultant d'un partage favorable aux entreprises de la valeur ajoutée est-elle pour autant favorable à l'investissement ?
Plan : Après avoir montré que le niveau de l'investissement est influencé par les modalités dupartage de la valeur ajoutée, nous montrerons que cela ne conduit pas toujours à des conditions favorables à la décision d'investir.

I. Le niveau de l'investissement est lié au partage de la valeur ajoutée du fait que la capacité d'investir dépend de la facilité à investir, soit par l'autofinancement, soit par le recours à l'emprunt

A/ Les constats empiriques et mécanismes reliant taux de marge ettaux d'investissement

* En période de ralentissement des gains de productivité se pose le problème du partage de la valeur ajoutée entre salaires et profits. Les entreprises ont tendance à limiter la croissance des coûts salariaux pour améliorer leurs profits afin de permettre une meilleure rentabilité de l'entreprise dans l'objectif de pouvoir investir. Le partage de la valeur ajoutéedevient, de ce fait, favorable aux entreprises puisqu'il se traduit par une amélioration du taux de marge : EBE/VA. Depuis 1983, en France, la politique de rigueur salariale s'est en effet traduite par une remontée du taux de marge qui est passé de 25.8% en 1980 à 32.3% en 1997 (soit à un niveau supérieur à ce qu'il était avant la crise (30.8% en 1970). Le taux de marge plus élevé se traduit par un tauxd'épargne des entreprises en hausse (EB/VA) et donc par un taux d'autofinancement (capacité à financer ses investissements : EB/FBCF) en hausse. En effet, le taux d'autofinancement est passé de 62% en 1980 à 115% en 1995. Cette capacité à s'autofinancer rend le coût de l'investissement minimal puisqu'il correspond alors au prix d'acquisition (pas de coût supplémentaire lié à l'emprunt). De 1985 à1991, le taux d'investissement a progressé de 3 points (passant de 16% à 19%).

B/ Selon l'analyse libérale, l'augmentation de l'épargne tend à abaisser le taux d'intérêt réel

* Pour les classiques, le taux d'intérêt réel est la variable d'ajustement sur le marché des fonds prêtables entre l'épargne (qui correspond à l'offre de fonds prêtables) et l'investissement (qui correspond à la demandede fonds prêtables). Plus le niveau de l'épargne est élevé, plus le taux d'intérêt est bas. Or, un partage de la valeur ajoutée favorable aux entreprises élève le niveau de l'épargne, donc, tend à faire baisser les taux d'intérêts, ce qui est avantageux pour l'investissement puisque limitant les charges financières pesant sur l'entreprise et imputables à l'emprunt. De plus, des taux d'intérêts...
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