En quoi le pays des phaceciens est il une utopie

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  • Publié le : 15 septembre 2010
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Commentaire Composé d'un extrait de Madame Bovary

Avec Madame Bovary, roman publié en 1856, Gustave. Flaubert veut rompre avec le Romantisme et « peindre le dessus et le dessous des choses » (Lettre à Louise Colet, 6 avril 1853). Ainsi, comme l’indique le sous-titre de son œuvre, il va peindre « les mœurs de province », ceci avec une extrême exigence de précision et d’harmonie en faisantnotamment passer aux mots l’épreuve du « gueuloir ».
Le passage que nous allons étudier se situe dans la deuxième partie de l’œuvre : Emma Bovary, personnage éponyme, et son mari Charles, officier de santé, viennent de s’installer à Yonville. Le jour de leur arrivée, ils dînent en compagnie du pharmacien Homais et de Léon Dupuis, jeune clerc de notaire. Pendant que Charles et Homais discutentensemble, Léon et Emma rêvent de voyage, de littérature et de musique. L’extrait, pour lequel nous proposons une analyse, se situe après cette première rencontre entre Léon et Emma.
Nous montrerons que les détails réalistes sous-tendent une satire du milieu décrit et du conformisme qui lui est rattaché.
Ainsi, nous insisterons dans un premier temps sur le souci de précision décelé dans l’ensemblede l’extrait ; nous consacrerons une deuxième partie à la vie réglée du milieu social présenté. Enfin, nous nous attacherons à démontrer la critique du conformisme et de la bourgeoisie.

I –

Cet extrait est avant tout une description fort précise de ce que pouvait être la bourgeoisie française au 19e siècle. Le cadre est dépeint avec force et précision, autant de détails qui seront utilespour comprendre le fond de pensée de l’auteur et des évènements par la suite.
Flaubert décrit ainsi le cadre temporel précis du tableau, puisque nous savons que la scène se passe « à six heures du soir » (l.1), et surtout que les pensées de Léon font références au dîner, « la veille » (l.3). Tout autant de détails nous sont donnés sur le lieu, puisque l’on apprend très rapidement que la familleHomais et son entourage évoluent dans une « auberge » (l.1) de «Yonville» (l.7) dans la région de « Rouen » (l.26). Autant de détails spatio-temporels qui nous aident à mieux imaginer la réalité des protagonistes, réalité bien vite complétée par la description de leur milieu social, celui de la bourgeoisie du 19e siècle. On retrouve en effet dans les personnages les principales caractéristiques dece milieu comme la profession, puisque l’arrière cousin de M. Homais se destine à devenir  pharmacien, donc commerçant possédant sa propre boutique, et que Léon est clerc. Ils ont tous deux également avant leurs études reçu une bonne éducation, et on disait ainsi de Léon qu’il avait « des manières comme il faut » (l.7). Ils sont également reconnaissants envers leurs hôtes et adjuvants, en gardantpar exemple leurs « marmots ».
On observe l’exactitude minutieuse de l’observation sociale, dans ce roman qui porte le sous-titre de « mœurs de province ». L’indication d’une loi avec mention de l’article et le contenu de celle-ci, nous confirme l’intérêt que Flaubert porte à la reproduction la plus fidèle possible de la réalité d’alors : « il avait enfreint la loi du 19 ventôse an XI, article1er, qui défend à tout individu non porteur de diplôme l’exercice de la médecine » (l.24/25).
Un souci de précision et de réalité que nous constatons également à travers la galerie des portraits successifs. Une description certes plus développée pour Léon et Homais, mais Flaubert s’attache à donner une indication pour chaque personnage nommé. Ainsi, nous avons connaissance du lien familial qui unitJustin et Homais, tout comme le rôle qu’il exerce chez celui-ci. Une abondance de descriptions que nous trouvons également dans le portrait qu’il dresse des « petits Homais ». Flaubert en utilisant de nombreuses expansions du nom pour décrire les enfants Homais rend le portrait de ceux-ci plus pointu, plus vraisemblable, en somme plus précis.
Toute cette précision est également rendue...
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