En quoi peut-on parler d'une dimension dialogique dans les pensées de pascal?

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  • Publié le : 8 février 2010
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En quoi peut-on parler d'une dimension dialogique dans les pensées de pascal?

Dans Les Pensées, œuvre incontournable de la littérature française du 17eme siècle, Blaise Pascal s'efforce de convaincre son interlocuteur de ce que pourrait lui apporter la religion. Il tente de rallier à sa cause les libertins et le peuple entier en s'adressant à lui grâce à la rigueur d'une analyse qui utiliseexemples et cas de figure. Il apporte ainsi une dimension dialogique dans son œuvre, grâce à l'argumentation et sa détermination à expliquer les valeurs du christianisme. Nous allons observer dans les différents fragments sa définition de la condition de l'homme, et donner la solution de nos contradictions, la foi, puis nous étudierons ses comparaisons de l'homme avec Dieu et l'homme sans Dieu, dansune sorte publicité parjure du jansénisme. La dimension dialogique dans l'œuvre sera au service de son argumentation.

Qu’est-ce que l’homme? Pascal va tenter de nous rapprocher de Dieu en touchant la plus originel de nos distinction : notre nature humaine; nous sommes des « montres incompréhensibles ». C'est en nous parlant de nous-même qu'il s'adresse à nous, c'est une caractéristique de ladimension dialogique.
L'homme est un paradoxe ambulant, Pascal nous le définit entre deux abîmes: l'infiniment grand et l’infiniment petit. L’homme apparaît ainsi comme «un milieu entre rien et tout», perdu dans l’univers infini que nous dévoile la science. L’homme est de toutes parts dépassé par la puissance énorme de la nature. Mais l’homme pense. C’est là sa grandeur. «Par l’espace, l’universme comprend et m’engloutit comme un point; par la pensée, je le comprends.» Si l’univers peut écraser l’homme, l’homme est plus noble que ce qui le tue, car il sait qu’il meurt, c'est la conscience qui est sa grandeur. L'homme est un corps, c'est un animal, mais l'homme est un esprit, et cela le rapproche du divin. « l'homme passe l'homme » dit-il dans la liasse des Contrariétés, et en effet, il ya l'homme dans sa misère, cet animal contradictoire, cloaque d'incertitude et d'erreur, et l'homme dans sa grandeur, la nostalgie de sa jadis puissance (avant le péché originel, il était un ange), et dans la conscience de sa misère.
Jeté dans un coin de l’univers, l'homme ne sait où il est, qui il est, et n'a qu'une certitude : sa mort future. Le reste est inconnu, malgré les futiles théoriesscientifiques. La condition de l'homme est donc l'incertitude et le néant, l'abandon. C’est pourquoi les hommes n’aiment guère l’inaction: ils y sentent leur vide, et risquent de céder au désespoir. Ici intervient le divertissement.
Les hommes ont trouvé le moyen de se détourner de leur condition : ils jouent, ils conversent, ils travaillent et font la guerre. Toutes ces choses du quotidien que lesimple passant appellera « la vie », Pascal nous l'envoie au front en nous affirmant qu'elles ne sont destinées qu'à nous occuper, pour nous empêcher de penser à notre véritable condition. Ce n’est pas la prise qui compte à la chasse, mais la poursuite. Là encore il y a contradiction : le divertissement est bénéfique, car il nous rend heureux, mais néfaste par son aveuglement.
Il n'y donc envérité que deux alternatives : le désespoir ou la foi.
Qui le démêlera de cet embrouillement? Vous l'aurez compris, Dieu. C'est ce à quoi le raisonnement pascalien nous emmenait. L'homme ne peut atteindre la vérité, mais il peut la rechercher, contrairement aux pensées des sceptiques (pyrrhoniens). Nous devons avoir conscience à la fois de notre grandeur et de notre impuissance. Nous avons été jadisdestiné à la vérité, même si aujourd'hui nous ne sommes qu'orgueil et concupiscence. L'orgueil et la concupiscence (l’attachement démesuré aux biens terrestres) qui nous habitent nous pousse à dédaigner Dieu. Il est pourtant la seul à pouvoir extirper ses passions néfastes. Pour connaître le bonheur, la religion chrétienne est la seule conforme aux contradictions humaines parce qu’elle nous...
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