En sourdine , verlaine

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  • Publié le : 15 octobre 2011
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COMMENTAIRE COMPOSE

VERLAINE : En sourdine

En sourdine est l’avant dernier poème du recueil Fêtes galantes publié en 1869. Cet ouvrage poétique d’une musique et d’un charme subtil, à la grâce légère, frivole et mélancolique, emprunte ses personnages à la comédie italienne et son décor à Watteau mais trahit, dans son inquiétude indéfinissable, l’angoisse profonde et la dissonance secrète del’âme du poète. Ce recueil présente aussi une grande unité thématique et le décor des fêtes galantes n’est qu’un prétexte pour laisser libre cours à un imaginaire personnel. C’est dans le goût de l’éphémère et la superficialité de la sensation que Verlaine dévoile en fait les aspects durables et profonds de la vie émotive. Avec l’étude du poème En sourdine, nous évoquerons la présence de l’amour,l’atmosphère de la douceur et enfin l’état d’âme du poète.

La thématique de l’amour est largement suggérée, notamment à travers la présence de la femme. Cependant, celle-ci n’est évoquée en tant que personne individuelle seulement à la troisième strophe, à travers la description d’éléments de son corps : tes yeux, tes bras, ton sein, tes pieds. Ici le poète s’adresse directement à la femmeaimée avec des verbes à l’impératif, impliquant une idée d’ordre : ferme, croise, chasse. Verlaine met donc cette femme sous sa protection, il semble deviner les formes de son corps et la valeur de ses sentiments. Mais on ne sait quasiment rien de cette femme car elle est principalement évoquée par la vision du poète, qui s’associe à la femme aimée et qui est donc difficile à percevoir en tantqu’être particulier et unique. C’est seulement à travers l’auteur que l’on peut essayer de se représenter cette femme.
De plus, on peut parler ici d’un amour imaginé et idéalisé, comme d’un rêve éphémère. En effet, le caractère idéalisé de l’amour se double d’une forte intensité des sentiments comme le souligne le lexique utilisé : pénétrons bien notre amour, sens extasiées. Verlaine éprouve le besoinde se figurer son bonheur partagé avec la femme aimé. Cependant, on constate une évolution des sentiments tout au long du poème.
Il faut d’abord remarquer la fusion de la nature et de l’amour : Pénétrons bien notre amour, fondons nos âmes, nos cœurs – et nos sens extasiés, Parmi les vagues langueurs – Des pins et des arbousiers. L’évocation des sentiments éprouvés atteint presque un stade irréeltant la fusion avec la nature est intense. Le monde semble fait pour accueillir cet amour et le protéger, trahissant un calme presque spirituel.
Dans cette seconde partie c’est en effet la douceur que nous allons évoquer, tout d’abord à travers la nature. La sensibilité de l’auteur se manifeste par son attachement aux paysages qui l’entourent. Sa réceptivité à la nature suscite son rêve debonheur. Le cadre extérieur tout entier n’est que douceur : faibles mouvements des éléments naturels : vagues langueurs, les ondes, souffle berceur. L’atmosphère est calme, rassurante, et cela se confirme par le faible intensité des sons, voire de leur quasi-inexistence : silence profond, souffle […] doux. Le poème est construit autour de sensations qui trahissent une quiétude solennelle. De plus, mêmele titre En sourdine installe le poème dans une accalmie de tous les éléments. Même le cœur de la femme aimée est endormi, ce qui suppose des sentiments forts de la part du poète et peut-être plus retenu pour la femme aimée.
On ressent aussi une certaine douceur à travers le temps qui passe. Comme nous l’avons vu, l’évocation de Verlaine est empreinte d’un grand calme : les mouvements sontlents, presque irréels à force d’être ralentis. Les quatre premières strophes évoquent un temps présent et débute dans le demi-jour. Cette heure de la journée, le coucher du soleil représente le moment ou la nuit et le jour luttent, paysage romantique par excellence. Mais le temps semble avoir été suspendu (dans les quatre premières strophes) et le poète demande d’ailleurs de chasser à jamais...
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