En vous appuyant sur vos connaissances sur la détermination des taux d’intérêt réels et sur les mécanismes par lesquels des taux d’intérêt réels élevés affectent l’économie, ce point de vue vous paraît-il pertinent pour

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  • Publié le : 28 janvier 2010
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En vous appuyant sur vos connaissances sur la détermination des taux d’intérêt réels et sur les mécanismes par lesquels des taux d’intérêt réels élevés affectent l’économie, ce point de vue vous paraît-il pertinent pour expliquer la crise économique des années 80 et 90 ?

Le plan Fourcade de 1974 est décidé pour réduire le déficit budgétaire, ralentir l’inflation (14 %), diminuer lesimportations ; cela, en particulier par une augmentation des taux d’intérêt. Les résultats sont probants, dans une politique keynésienne de « stop and go », le « stop » a provoqué une récession avec une forte augmentation du chômage. Le deuxième plan Fourcade de 1975 est destiné à lutter contre l’absence d’emplois dans la plus pure tradition keynésienne s’appuyant sur l’intervention de l’Etat et unepolitique d’aide, de grands projets et de grands travaux. Le plan Barre qui suivra, visera moins une politique conjoncturelle mais une politique structurelle pour revenir aux grands équilibres économiques. Le pilotage par les taux d’intérêt permettait de réguler l’activité économique notamment dans une société qui connaît l’encadrement du crédit. Dans ce cas, ce sont les banques commerciales qui fixentles taux, via le contrôle de la Banque centrale. Le taux d’intérêt est la rémunération du capital prêté, versé par l’emprunteur au prêteur. Il a une forte importance économique dans la mesure où il permet aux entreprises et aux ménages d’investir, d’accéder à la consommation et aussi de placer des liquidités. Mais il faut distinguer les taux nominaux et les taux réels. Le premier est établi lorsde la rédaction d’un contrat, c’est une variable en valeur qui s’oppose au second qui prend en compte la hausse des prix. Un taux d’intérêt réel élevé peut ne pas être un obstacle à l’investissement, par exemple dans la mesure où l’inflation est forte. Un taux d’intérêt réel peut être négatif lorsque la hausse des prix est supérieure au taux nominal. Le phénomène s’est produit au cours des annéessoixante-dix, ce qui a permis notamment à certains ménages d’accéder à la propriété foncière et ce qui a concouru à la croissance économique. Celle-ci peut se définir comme une augmentation soutenue, pendant une longue période, d’un indicateur de dimension ; on prend généralement le PNB (Produit national brut). La croissance n’est pas toujours présente, elle peut alterner avec des périodes decrise. Celles-ci sont déterminées par la phase de retournement du cycle économique, qui après une phase d’expansion rentre dans une période de dépression. Nous étudierons la période 1980 -1997, en privilégiant le cas de la France et en nous interrogeant sur l’influence des taux d’intérêt réels. Sont-ils révélateurs de la crise des années quatre-vingt et quatre-vingt-dix ?

Pour répondre à cettequestion nous verrons d’abord la formation des taux d’intérêt en termes théoriques pour nous intéresser ensuite à des aspects plus conjoncturels.

Jean-Paul Fitoussi dans son livre : Le débat interdit, monnaie, Europe, pauvreté (1995), dans un chapitre intitulé : « la tyrannie financière » remarque le niveau trop élevé des taux d’intérêt réels, c’est-à-dire l’écart entre le taux nominal payé par lesagents et le taux d’inflation, actuellement et dans les principaux pays européens. Les taux d’intérêts réels sont de l’ordre de cinq à six pour cent. Par contre, dans les années soixante-dix, ces mêmes taux varièrent entre zéro et un pour cent et furent mêmes parfois négatifs. Un taux négatif favorise les emprunteurs au détriment des créanciers. En effet, l’augmentation continue des prix diminuele pouvoir d’achat futur des ménages mais allège en même temps le poids de la dette. Le loyer de l’argent n’opère pas les remboursements des emprunts , J.P. Fitoussi en déduit l’écart critique qui est la différence entre le taux d’intérêt réel et le taux de croissance de l’économie. Mais avant de détailler l’influence des taux d’intérêt sur la croissance économique et ses conséquences en...
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