Enfants de la rue

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  • Publié le : 6 octobre 2010
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EXPLOITÉS ET VIVANT DANS UN ENVIRONNEMENT HOSTILE OU MALSAIN
ILS S’ACQUITTENT DE TRAVAUX NE CONVENANT PAS À LEUR ÂGE
COMMENT RÉSOUDRE LE PROBLÈME DES ENFANTS DE LA RUE?

Qu’ils soient cireurs de chaussures, trieurs d’ordures, “parking boys”, mendiants ou vendeurs, garçons et filles, sans égard à leur âge précoce, ils sont livrés à eux-mêmes. On les voit, quotidiennement, aux ronds-pointsChevrolet, Hayek, Dora, à la corniche de Mazraa et un peu partout, en groupe ou dispersés, hélant passants et conducteurs, suppliant pour quelques pièces de monnaie ou proposant du menu fretin. A l’âge où ils devraient aller à l’école et se préparer à une vie d’adulte digne et productive, ils sont astreints soit à la mendicité, soit au travail. Enfants de la rue ou enfants-travailleurs, ilssubissent, inéluctablement, les formes les plus hideuses et perverses de l’exploitation. Abusés, violentés, vendus, achetés ou échangés, ils survivent marqués à jamais par les stigmates physiques et psychologiques des mauvais traitements. Qui sont ces enfants? D’où viennent-ils? Pourquoi sont-ils dans la rue? Quelle autorité répond de leur situation? Est-ce le résultat de l’absence d’une véritablepolitique sociale au Liban?
“La Revue du Liban”, dans une tentative de cerner le problème, a essayé de répondre à ces questions. | |
QUI SONT LES ENFANTS DE LA RUE?
“Jusqu’à présent, il n’existe ni recensement ni études concernant les enfants de la rue.
Le ministère des Affaires sociales est incapable de s’attaquer seul à ce problème”, assure M. Georges Nehmé, président des services sociaux.“Ce phénomène relève, également, de la responsabilité des ministères de l’Intérieur, du Travail et de la Justice.
“En outre, aucune démarche ne sera efficace avant l’instauration et l’élaboration des méthodes de procédure, de la formation d’un personnel qualifié et de cellules spécialisées; en l’absence de centres de réhabilitation et de programmes de réinsertion.
“Déjà, ajoute Nehmé, unecommission présidée par le ministre des Affaires sociales où sont représentés les organismes concernés, a été formée suite à une décision du gouvernement de mettre au point une stratégie visant à éradiquer ce phénomène. Cependant, son travail a été un peu retardé, ce à quoi nous essaierons de remédier.
“Aussi, le Liban a-t-il signé la convention des droits de l’enfant en 1991. En 1994, fut instauré leConseil supérieur de l’enfance regroupant des représentants des différentes ONG s’occupant des problèmes de l’enfance, les administrations et organismes officiels, tels les ministères de la Santé et de l’Education. Et ce, afin de préserver les droits de l’enfant (droit à la scolarisation, à la santé).
“L’opinion publique générale est encline à penser que la plupart des enfants de la rue sont desétrangers, affirme Georges Nehmé. Que ce déploiement est organisé par des mafias et des groupes d’intérêts exploitant les enfants, ce qui est fort probable.
“Le ministère n’a ni chiffres ni données précises. En revanche, il a signé un contrat avec un centre de réhabilitation à Berbara (caza de Jbeil). Chaque fois que l’assistante peut convaincre l’enfant et les parents, celui-ci suit uneformation technique, après avoir atteint quatorze ans. Le ministère déploie des efforts continuels pour réinsérer dignement ces enfants dans la société. Ces efforts peuvent, cependant, être stoppés si les parents s’y opposent. On ne peut, en aucun cas, retenir un enfant contre le gré de ses parents selon la loi libanaise.”
OPÉRATION COÛTEUSE
85% du budget du ministère des Affaires sociales sontaccordés aux cas sociaux (orphelins, handicapés, personnes âgées, etc) admis par 244 institutions sociales, pédagogiques et techniques disséminées au Liban.
“Puisque les ministères chargés de l’enseignement n’ont pu jusqu’à maintenant assurer l’accès à une scolarisation gratuite et obligatoire, ajoute M. Nehmé, le ministère a préféré intervenir pour couper court à la délinquance. Notre politique...
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