Enseignant

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  • Publié le : 19 décembre 2012
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Le roman a été publié en 1960, l'année de l'indépendance de la plupart des Etats francophones. Il se déroule sous l'ère coloniale. C’est La 3ème oeuvre de Sembène repose sur une vielle tradition africaine: par superstition on ne compte pas les personnes vivantes, tout comme onn’indique pas le nombre exact d'enfants que l'on a, afin d'éviter que les esprits malins abrégent leur vie. On les désigne par l'euphémisme "les bouts de bois de Dieu", pour éloigner le mauvais sort. ainsi également que les femmes se désignent entre elles dans le roman.

"Ne nous dénombre pas, s'il te plaît, dit la Séni en se levant précipitamment, nous sommes des Bouts-de bois-de-Dieu, tu nous feraismourir."] (p. 301)

Dans ce chef d'œuvre de la littérature africaine, l'auteur s'inspire d'un fait réel : la grève des cheminots du Dakar-Niger qui a eu lieu à Dakar et à Bamako, d'octobre 1947 à mars 1948. L'auteur dévoile les motifs qui ont poussé les cheminots à interrompre le travail durant cinq mois. Ils résultent tous de leur situation de travailleurs Africains. Ils sont désavantagés parrapport à leurs collègues Européens qui jouissent de privilèges sans commune mesure.

Leurs revendications peuvent se résumer en quelques mots: augmentation de salaires, allocations familiales, vacances annuelles, retraites, et droit de créer leur propre syndicat. Ces revendications ont été élaborées à Thiès, "la ville du rail". La ligne de chemin de fer dessert les grandes villes Dakar, Thiès,Bamako et Rufisque, qui deviennent les centres de la rébellion. Dakar est le centre administratif. C'est là que se prennent les décisions importantes. C'est également le siège de l'administration coloniale et des syndicats. |
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Le roman s'ouvre sur une scène au Mali dans laquelle les syndicalistes hésitent à engager un bras de fer avec les autoritéscoloniales, comme ils l’ont décidé. Les souvenirs de la grève de 1938 sont encore vivaces, car elle a coûté beaucoup de vies. À cet égard, Niakoro, la mère du principal protagoniste, Bakayoko, exprime ses inquiétudes et son scepticisme, car la grève de 1938 s'était soldée par un échec pour les ouvriers Africains.

Bakayoko, le meneur de la grève, avec qui l'auteur s'identifie, soutientmoralement les grévistes et les appuie financièrement, au début, grâce aux dons du syndicat communiste français, la CGT.

À partir du moment où le chef de la voie ferrée refuse d’entamer des pourparlers avec les grévistes, les partis se raidissent dans leur attitude, à telle enseigne que les femmes se sentent obligées d'entrer en scène. Elles soutiennent les hommes et les enjoignent à ne pas rompre lemouvement de grève qu’ils ont commencé. Ce mouvement va atteindre son paroxysme avec la marche de protestation des femmes de Thiès à Dakar. Cette marche marque aussi le point fort du roman. |
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"En tête des ‘marcheuses’ venait Mariame Sonko dont Maïmouna, l'aveugle, tenait le bras, la grosse Awa, la Séni, Aby larieuse qui tendait ses jeunes seins fermes comme des mangues vertes.
Elle secoua son pagne au-dessus de sa tête et l'étala sur la chaussée,devant les pieds de Mariame Sonko. Interdite, celle-ci s'arrêta.
- Non, non, cria la vieille femme, avancez, avancez, marchez dessus! C'est ainsi que dans les temps anciens on recevait les vainqueurs qui rentraient au village!
Avec de grands crisd'enthousiame, son exemple fut suivi et bientôt l'asphalte fut jonché d'autres pagnes, de mouchoirs de tête, de camisoles et même de bouts de chiffons. Les marcheuses avancèrent sur ce tapis multicolore qui donnait à leur arrivée un air de fête". (p. 327)

Par cette manifestation, les femmes obligent les Français et leurs acolytes, dont les chefs religieux et les hommes politiques du pays, à s'asseoir...
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