Enseigner la religion a l'ecole

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La religion à l’école
Remarque liminaire Monsieur Charles BEER en tant que président du Département de l’Instruction Publique à Genève a été appelé par Foi et Communauté de s’exprimer ouvertement, ce qu’il a fait très gentiment ce dont toute l’équipe de FC le remercie. Le conseiller d’Etat fait simplement remarquer que son article date de juillet 2004 et que, entre temps, des décisions (voirmotion 1079A de novembre 2004) ont été prises au DIP qui concerne l’enseignement

FC 96 – Sept. 2004

Faut-il enseigner le fait religieux à l’école ?
par Charles BEER, conseiller d’Etat

du fait religieux à l’école. (Ndlr) « Faut-il enseigner le fait religieux à l'Ecole publique ? ». Un titre en forme de question pour souligner l'importance et la nécessité du débat public sur ce thème; pourrappeler qu'il n'existe pas de réponse unique à ce que l'on a nommé l'analphabétisme religieux des jeunes pouvant être source d'intolérances ou de violences liées à l'incompréhension de l'autre ; et enfin pour montrer notre volonté d'impliquer les différents acteurs concernés (enseignants, parents d'élèves, églises, citoyens, etc.) dans un débat public qui est déjà engagé à Genève et au sein dudépartement de l'instruction publique depuis la moitié des années 90. En Suisse et en Europe, à ce déficit de références et de culture religieuse des jeunes (touchant des questions concrètes comme le calendrier, les fêtes, l'architecture, etc.), différentes réponses ont été apportées en fonction de critères multiples : la définition de la laïcité de l'Etat, l'adhésion des enseignants et des parentsd'élèves à un projet, le contexte démographique, socioculturel et historique, les systèmes politiques en place, etc. En Valais par exemple, un enseignement de la religion est dispensé. Neuchâtel - seul canton suisse avec Genève qui a inscrit la laïcité dans sa législation - ne dispense pas un enseignement de la religion, mais des cultures religieuses et humanistes pour certains degrés.

EnAllemagne, un enseignement religieux est dispensé dans l'école publique. Quant à la France, elle a renoncé à tout enseignement en la matière dans l'école publique bien qu'une réflexion soit menée depuis les années 80, avec notamment l'apport du philosophe Régis Debray sur l'enseignement du fait religieux dans l'école laïque. Toutefois, l'Etat français subventionne les écoles confessionnelles (catholiques)privées en signant avec elles un contrat les obligeant à enseigner les programmes officiels. Il n'y a pas de modèle unique, on le constate, mais une diversité des approches et des réponses en fonction des différents contextes. La question mérite un débat public et une réponse mûrement réfléchie, permettant d'assurer le lien social et de trouver une adhésion des différents acteurs concernés, dansle respect de la laïcité et dans un souci de tolérance. Enfin, cette problématique renvoie plus largement à la place de la religion au sein de la société, à la définition de la laïcité de l'Etat, à la présence et à l'intégration des différentes communautés religieuses et des différentes nationalités. La République et canton de Genève a été influencée de manière profonde par la religion sur lesplans historique, politique et culturel; à l'instar du reste de l'Europe. L'Etat s'est donné comme règle du jeu la laïcité, avec à Genève la séparation formelle de l'Etat et des Eglises en 1907. Pas une laïcité anticléricale à la française, construite par opposition à l'Eglise, mais bien plus une laïcité de consensus visant la paix sociale entre protestants et catholiques. Séparer l'Eglise de l'Etat apermis à Genève de garantir la neutralité confessionnelle; l'Etat ne pouvant être ni catholique, ni protestant. Cette laïcité est importante à Genève, car elle garantit la neutralité de l'Etat par rapport aux différentes religions présentes dans notre société.

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Avec le mouvement de sécularisation qu'a connu l'Occident au siècle des Lumières, l'idée de soustraire l'instruction et...
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