Epargne et croissance economique

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  • Publié le : 22 mai 2011
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Epargne et croissance économique

Beaucoup d’études montrent une forte corrélation entre épargne et croissance mais le lien est difficile à identifier. La relation de cause à effet est encore mal comprise : est-ce la croissance du revenu qui est à l’origine d’un accroissement de l’épargne ou est-ce l’épargne qui stimule la croissance ?

1. Le rôle théorique de l’épargne dans le mécanismede croissance

Avant de s’interroger dans quelle mesure l’épargne agit sur la croissance d’un pays, il faut d’abord s’interroger sur les déterminants de l’épargne. Ces déterminants sont multiples et controversés. Les classiques pensent que le taux d’intérêt détermine l’épargne ; les ajustements du taux d’intérêt garantissent l’équilibre entre investissement et épargne. En revanche les économisteskeynésiens considèrent l’épargne comme un résidu, qui freine plus l’activité économique qu’elle ne l’accélère. Si on constate une certaine corrélation positive entre épargne et croissance, rien ne permet cependant d’attribuer à l’épargne un rôle déterminant dans la croissance.
On traitera les modèles de Harrod-Domar et de Kaldor, qui mettent tous les deux en évidence l’importance de l’épargnedans la croissance. Cependant, ces deux modèles arrivent à des conclusions différentes quant à la stabilité de cette croissance. Les keynésiens Harrod et Domar tentent de démontrer la nature instable de la croissance équilibrée en utilisant le concept du taux de croissance garanti. A l’inverse, Kaldor décrit les mécanismes qui assurent la stabilité à long terme de la croissance économique.
A.Les déterminants de l’épargne
Selon les auteurs classiques la propension à épargner serait une fonction croissante du taux d’intérêt. Un taux d’intérêt élevé incite à diminuer la consommation présente pour accroître son épargne selon un effet de substitution. Mais cette relation positive entre taux d’épargne et taux d’intérêt peut être contrebalancée par un effet revenu.
Les keynésiens affirmentau contraire que le niveau de l’épargne est essentiellement influencé par le revenu. L’épargne est un résidu, c’est ce qui reste du revenu après la consommation. Au fur et à mesure que le revenu augmente l’épargne augmente du fait de la propension à consommer décroissante; le taux d’épargne est ainsi une fonction croissante du revenu.
Des auteurs comme Ando et Modigliani introduisent le concept decycle de vie dans l’analyse des comportements d’épargne des ménages. Durant la vie active les ménages épargnent afin d’accumuler un capital dont ils ont besoin lors de leur retraite. Au niveau macroéconomique on devrait donc trouver une relation entre le taux d’épargne et la structure par âge de la population : si les actifs sont nombreux par rapport aux inactifs (jeunes, chômeurs, retraités) letaux d’épargne sera élevé. L’épargne est ainsi expliquée par des facteurs structurels.
L’étude de l’évolution récente du taux d’épargne permet de mettre en évidence 3 phases :
*           jusqu’en 1978, on assiste en France à une augmentation tendancielle du taux d’épargne des ménages, qui atteint près de 20 % en 1978.
* entre 1978 et 1987 une forte baisse du taux d’épargne se produit (11% en 1987).
* le taux d’épargne augmente légèrement ä partir de 1987 autour de 14 % en 1994.
L’explication de ces variations s’avère particulièrement difficile mais il semble que la baisse à la fin des années 70 soit due à la crise économique.
La question de l’épargne divise les économistes entre eux. D’un côté on trouve ceux pour qui l’épargne permet de financer les moyens de productionsupplémentaires qui engendrent la croissance. De l’autre côté on trouve ceux pour qui l’épargne engendre une réduction des dépenses des épargnants, ce qui limite les débouchés donc la production.
Les partisans d’une épargne forte, moteur de la croissance, sont en général les auteurs classiques et les économistes de l’offre contemporains. Dans leur raisonnement l’épargne permet d’alimenter des...
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