Espace, mouvement et son dans la sculpture de la seconde moitié du xxème siècle.

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  • Publié le : 2 mai 2010
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Espace, mouvement et son dans la sculpture de la seconde moitié du XXème siècle.

Plan :

I - Elément complémentaire de la sculpture
A -Mécanique
B -Technologie.

II -Vers une sculpture totale: environnement, installation performance.
A- Pratique de l'espace.
B- Sculpture comme lieu.

III - Espace, mouvement et son dans la sculptureA- Le mouvement comme expérience sensible.
B- Son : sens et matière sonore

Introduction:

Traditionnellement, une des particularités communément reconnue de l'œuvre sculptée est sans doute son immobilité, sa stabilité, sa performance voire son invariabilité. Pourtant, la sculpture éveille nos sensations cénesthésiques *1et particulièrement notre corps à notre corps à sesdimensions propres. Elle aide à prendre conscience de la manière dont nous occupons l'espace. Contrairement a la peinture, la sculpture existe en soi et hors de soi. Elle s'attribue l'espace qui l'entoure et l'accueille. Lorsque la forme sculptée perd de sa compacité et offre ses reliefs à la lumière, se crée alors un foyer de mouvements dont le dynamisme harcèle ses entours. Non seulement,l'artiste dote ses figures de mouvements expansifs, il les anime, d'échanges. Maillol ne disait-il pas des statues égyptiennes que plus elles étaient immobiles, plus il lui semblait qu'elles allaient remuer? C'est la toute l'ambigüité de la matière dont se jour le sculpteur. L'environnement n'est pas un simple lieu , c'est un écho. Il l'accomplie ou/et le dégrade. Avec le vingtième siècle, il seradonné une version nouvelle à cette substance des matières, à cette masse, conforme à l'univers contemporain. Naum Gabo et Antoine Pevsner déclaraient : «Nous rejetons l'erreur séculaire égyptienne de l'art qui considère les rythmes statiques comme les éléments uniques de la création plastique. Nous affirmons que ce nouvel élément, dans les arts de la représentation, que sont les rythmecinétiques, sont la forme fondamentales de nos sensations du temps réel » Si la masse est réductible à l'énergie, la sculpture contemporaine doit logiquement s'adjoindre le mouvement réel et cela en diverses directions. Spéculer aussi sur le mouvement spontané comme l'a imaginé Calder, mais aussi sur le mouvement provoqué, soit par la mécanique, soit par le mouvement du spectateur. Car au fond la questionqui reste en suspens est celle de l'existence de l'immobilité et du silence. Dans la sculpture dite « cinétique », le son et la lumière sont désormais des éléments complémentaires qui tiennent une plane essentielle.

Les Constellations de Calder ne sont pas des mobiles ; elles ne sont pas des sculptures du mouvement. Pourtant, elles fondent leur efficacité sur un principe dynamique dont lesressorts plastiques s'articulent sur le contraste entre une structure filiforme, presque fragile et défiant la pesanteur, et le poids visuel (formel et chromatique) des formes qu'elle supporte , qui contredit la finesse de la structure porteuse.

À cela s'ajoute une dynamique ascendante et une position instable des volumes (par rapport à la verticale et à l'horizontale) qui évoque le basculement, lerisque de la chute, l'instant du glissement... Les fils ne sont plus alors perçus comme structure porteuse mais comme de simples connecteurs ondulant et tendus, sorte de synapses.
L'idée dynamique ne passe pas par le mouvement réel mais par le sentiment de l'espace, d'une dilatation, d'une précarité et d'un flottement : comme si le mouvement était d'abord de l'espace précarisé, en instance dechangement, de mouvance imprévisible et pourtant imminente : c'est ce qui est aussi en acte dans l'équilibre des mobiles. "Constellations" parce que ces formes sont effectivement comme autant d'objets s'étoilant dans l'espace, liés par ces simples fils comme une figure sur la carte du ciel.
De là, on peut rapprocher les sculptures de Calder dans les années 30-40 des la peinture de Juan Miro dont...
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