Essai

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  • Publié le : 19 avril 2010
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L’Essai
 
par Jany Boulanger, Cégep du Vieux Montréal.
 
 « Ce qu'on n'a jamais mis en question
 n'a point été prouvé. Le scepticisme est donc
 le premier pas vers la vérité. »
 
Diderot
 
 
L’essai,communément défini comme un ouvrage littéraire en prose où se développe un discours libre, argumentatif et affectif, apparaît à la Renaissance avec Michel Eyquem de Montaigne (1533-1592) qui souhaitait, par ses écrits Les Essais (1588), répondre à l’inlassable question : « Que sais-je ?»1. Écrire au gré de sa pensée, sans idées préconçues, dans le seul plaisir de voir sa réflexion en mouvement,voilà ce que recherchait avant tout ce philosophe qui donna naissance à un genre littéraire qui, faute de respecter des règles prédéfinies, est souvent contesté. Mais, à y regarder de près, comment pourrait-il en être autrement ? En effet, l’étymologie même du mot, qui signifie à la fois « tenter », « mesurer » et « peser », rappelle que tout essayiste a le devoir d’exposer (« tenter »)  sa penséesans la moindre restriction pour mieux en éprouver (« mesurer », « peser »)  la qualité, la valeur et les fondements. Par ailleurs, Montaigne, qui aimait affirmer  « Je suis la matière de mon livre », croyait que tout homme était à l’image de l’humanité entière. Ainsi, dans un souci d’authenticité et de vérité, la découverte de soi pour mieux aller à la rencontre des autres fera de ce typed’écrit le lieu de discours tant originaux qu’inépuisables. L’essai, on l'aura compris, survivra au philosophe en autant de versions que d’individualités.  
 
 
Les Caractéristiques de l’essai
 
S’il est vrai que l’essai est polymorphe, il possède néanmoins quelques caractéristiques qui le distinguent des autres genres. En voici les principales :
 
ϖ     Son style
 
L’essai est un écrit nonfictionnel. Il adopte un style clair et simple qui convient à l’analyse, à l’explication et à l’observation. La logique sera souvent une alliée de l’essayiste qui cherche, par elle, à montrer les fondements et la rigueur de son raisonnement. La première personne du singulier, le « je », est souvent employée pour montrer à la fois le point de vue unique ainsi que l’expérience intime du monde dontl’écrivain veut témoigner.
 
ϖ     Son ton
 
Ce type d’écrit cherche à convaincre le lecteur, sinon à le faire réfléchir. Le ton y est donc engagé, persuasif, mais toujours modéré, car l’essayiste ne veut en aucun cas être accusé d’intolérance ou de fanatisme.   
 
ϖ     Sa thèse
 
La thèse, ici, est l’idée maîtresse de la démarche réflexive de l’essayiste. Un essai est fondé sur uneseule proposition que l’écrivain mettra à l’épreuve par l’exercice de sa pensée, qu’il voudra rigoureuse et originale. Rappelons que, pour Montaigne, le scepticisme ou le doute est le moteur même du savoir puisqu’il permet d’interroger les connaissances reçues pour en découvrir de plus justes. 
 
ϖ     Son but
 
Ce type d’écriture permet non seulement de se prêter au « jeu » de lapensée, mais de cultiver sa propre intelligence. Bien sûr, certains penseurs voudront montrer, prouver et persuader sans jamais, toutefois, vouloir soumettre l’autre à leurs opinions ou à leurs positions : ce qu’ils recherchent avant tout, par une provocation étudiée, est de produire le choc des idées qui assure l’innovation et la remise en question de leur démarche réflexive respective. Voici commentFrancine Belle-Isle Létourneau l’explique dans son article « L'Essai littéraire, un inconnu à plusieurs visages » : « Mais il semble bien que l’originalité d’un texte, ses intuitions, ses découvertes ne doivent pas donner l’impression d’être imposées dès le départ, car un lecteur heurté de front dans ses habitudes mentales cesse vite d’être un bon lecteur. La nouveauté du texte doit être...
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