Essor économique et mutations sociales en europe, de 1880 à 1913.

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  • Publié le : 17 novembre 2009
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Berceau des deux révolutions industrielles qui changent pour longtemps l'utilisation du capital et le rapport au travail, l'Europe s'affirme, entre 1880 et 1913, comme le centre du monde. C'est en Europe que progresse la technique qui permet l'affirmation de l'Angleterre, l'Allemagne, la France qui colonisent et dominent la majeure partie du globe ; c'est encore en Europe que se manifeste et eststimulée une croissance économique sans précédent dans de grands pôles industriels et bancaires. C'est enfin en Europe qu'émergent des idéologies qui se révèleront capitales pour la légitimation des nouveaux conflits sociaux : marxistes, anarchistes, socialistes veulent "changer la société capitaliste" et que se produisent d'abord des mutations sociales irréversibles : des groupes sociaux changentet apparaissent, de nouveau enjeux politiques s'affirment car l'essor économique de profite pas à tous. En Europe, la période 1880-1913 est le théâtre d'une révolution économique et d'une révolution sociale qui ébranlent les nouvelles sociétés capitalistes.
Mais est-ce l'essor économique qui change les structures sociales, ou celles-ci qui permettent et soutiennent la croissance économique ?Après avoir précisé le rôle croissant du capital pour l'essor économique puis pour la définition de nouvelles tendances sociales, nous verrons comment le travail, au service du capital, lie l'essor économique et les mutations sociales.

De 1880 à 1913, les pays européens sont caractérisés par des économies de type capitaliste en pleine prospérité et croissance dues à leur industrialisation.
Cetessor économique sans précédent a pour origine la combinaison des croissances internes et externes. La croissance interne est un bon indicateur du progrès technique au sein des entreprises. Elle est définie par l'investissement dans le capital fixe par l'achat et l'entretien de bâtiments, de machines. La croissance externe est caractérisée par le rachat des stocks, bâtiments et la captation denouvelles clientèles après une crise, facteur de progrès, qui opère une sélection naturelle en faisant disparaître les entreprises les plus petites ou les plus mal gérées. Les crises, qui interviennt de manière cyclique dans l'économie, contribuent à assainir d'économie. Elles permettent aussi à certaines entreprises de devenir gigantesques par leur influence sur leur marché, la taille de leursbâtiments et l'accumulation de capital.
La tendance caractéristique de l'économie européenne est la concentration. Elle peut être de type vertical, donc regrouper au sein d'une même entreprise des activités complémentaires dans l'élaboration d'un produit. Elle est ainsi souvent l'aboutissement d'une industrialisation en filière remontante ou descendante. La concentration horizontale s'applique auregroupement de firmes produisant un même bien. Le meilleur exemple est la constitution des cartels allemands qui permettent de se prémunir de la concurrence, notamment en période de crise. Enfin, par la concentration financière se forment des holdings. Ces concentrations aboutissent à la formation d'entreprises gigantesques qui ont de plus en plus besoin de capitaux.
Ces capitaux sont fournis parles banques, qui sont les véritables moteurs de la prospérité de l'Europe entre 1880 et 1915. La City de Londres est ainsi au cœur de l'économie européenne et mondiale. Ces nouvelles banques ont un rôle monétaire et aussi financier, car elles financent le développement dans les pays à industrialisation tardive, comme l'Allemagne, où les 4D sont des banques " à tout faire ", du dépôt à l'escompte.Elles peuvent aussi être les relais de colonisation indirecte par des pays déjà en voie de conversion à une économie financière (Angleterre et France). Or les énormes capitaux dont les entreprises ont besoin ne proviennent pas que des grandes fortunes, mais aussi du drainage de la petite épargne d'une frange de la population qui veut participer et s'enrichir avec l'économie capitaliste.
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