Est ce dans la solitude que l'on prend conscience de soi

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  • Publié le : 11 janvier 2012
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Est-ce dans la solitude que l’on prend conscience de soi ?
Introduction
La conscience de soi, du latin "cum/scire " (avec/savoir) désigne ce savoir, cette connaissance que le sujet a de lui-même, cad lorsqu’il se rend compte non seulement de l’objet présent, mais encore de lui-même à travers son histoire personnelle. La solitude désigne, quant à elle, l'état de celui qui s'est isolé après avoirvécu avec les autres.
Il s'agit donc de savoir si c'est en s'isolant des autres que l'on prend connaissance de soi.
Il paraît évident que je peux prendre connaissance de moi-même en tant que sujet pensant en regardant simplement à l'intérieur de moi, cad par un simple exercice spirituel, par introspection. Loin des autres, je peux sans nul doute tout remettre en question, douter de tout ce quiest autour de moi, de tout ce que l’on m’a appris, sauf de moi-même et répondre ainsi immédiatement à la question : que suis-je ? à savoir, non pas une simple chose parmi les choses; mais cette chose capable de penser. Comment pourrais-je en effet douter que je suis en train de douter ? Douter n'est-ce pas incommensurablement penser ?
En somme, c’est dans une pure intériorité que je me saisisimmédiatement comme sujet.
Pourtant, est-ce en étant loin du monde, loin des autres, cad de tous ceux qui ne sont pas moi mais qui en même temps me ressemblent que je peux répondre à la question : qui suis-je ? N'est-ce pas à travers l'altérité de l'autre que je peux fonder ma personnalité, choisir celui ou celle que je veux être ? Comment en effet pourrais-je savoir ce dont je suis capable, éprouverdes sentiments, des désirs etc, cad encore m’éprouver dans l’isolement le plus total ?
En somme, c’est dans l’altérité de l’autre que je construis mon identité personnelle.
Pourquoi, alors que c’est dans une pure intériorité que je me saisis immédiatement comme sujet ; est-ce néanmoins dans l'altérité de l'autre je construis mon identité personnelle?
Pour le déterminer, nous étudierons d’abordpourquoi c’est dans une pure intériorité que je me saisis immédiatement comme sujet ; puis, pourquoi c’est dans l'altérité de l'autre que je construis mon identité personnelle ?
I. Pourquoi est-ce dans une pure intériorité que je me saisis immédiatement comme sujet ?
a) que signifie : se saisir immédiatement comme sujet dans une pure intériorité ?
1. qu’est-ce qu’être un sujet ? (DR)
Etre unsujet, au sens logique ou aristotélicien de ce terme, c’est admettre des prédicats, cad des qualités autant accidentelles qu’essentielles. En ce sens, plus exactement au sens métaphysique de ce terme, être un sujet, c’est pouvoir dire je, cad être l’auteur d’une pensée ou d’une action, qualité, dès lors, essentielle pour l’homme qui peut se donner des objets à connaître et qui peut même se prendrelui-même comme objet de connaissance. En d’autres termes, il n’y a pas de sujet possible sans cette capacité à se poser déjà deux questions : qu’est-ce que c’est ? et que suis-je ? ou qu’est-ce que l’homme ? ; deux premières questions qui légitiment sans doute la transcendance du monde des sujets sur le monde des objets.
En somme, être un sujet, c’est pouvoir connaître autant ce qui est àl’extérieur de soi que ce qui est en soi.
2. qu’est-ce que se saisir immédiatement comme sujet dans une pure intériorité ? (DR)
Se saisir immédiatement comme sujet dans une pure intériorité, c’est ainsi, et sans conteste, réaliser la place privilégiée que l’on a sur soi-même. En effet, il me suffit de regarder à l’intérieur de moi, en pratiquant une simple introspection pour prendre conscience qu’àl’origine et au fondement de toutes mes pensées, il n’y a que moi-même. Qui peut mieux que moi savoir ce qui se trouve dans mon âme, en tant que siège de toutes mes pensées ?
Ainsi et par exemple, qui d’autre que moi , qui mieux que moi peut savoir lorsque j’éprouve du plaisir ou du déplaisir, de la joie ou de la peine, de l’envie ou du dégout, etc ? Qui d’autre que moi, qui mieux que moi peut...