Est-ce dans le loisir ou dans le travail que l'homme réalise son humanité ?

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  • Publié le : 20 mai 2010
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Est-ce dans le loisir ou dans le travail que l'homme réalise son humanité ?

Introduction.

1) Définitions sommaires :

-travail : a) sens général : activité par laquelle l’homme produit des biens et des services qui assurent la satisfaction de ses besoins naturels mais aussi sociaux (en transformant la nature) ;

b) sens économique : activité rémunérée, obligatoire et souvent pénible(fatigante, etc.)

-loisir : activité non rémunérée, qui se définit négativement par rapport au travail ; c’est le " temps libre ", le temps passé hors du travail ;

-étymologie = " licere " = " être permis " ;

-sens grec = " scholè " = temps libre qu’un homme libre consacre en particulier à l’étude, hors de toute préoccupation de réussite sociale ou d’efficacité pragmatique (à l’origine dumot " école ", lieu d’étude et d’enseignement cf.Théétète, 172c-176a)

-aujourd'hui = temps qui n’est consacré à aucun travail professionnel et dont on peut disposer pour se reposer ou se livrer à diverses activités de son choix (cf.Encyclopédie universelle, article " loisir ")

-Humanité : homme en général. Ce qui nous différencie de l’animal. On peut préciser qu’en général, on distinguel’homme de l’animal par tout ce qui nous paraît être le signe de la culture et de l’esprit : la conscience, le langage, mais aussi, la liberté.

Elle n’est pas naturelle mais construite (cf.Rousseau), du fait même qu’elle n’est pas naturelle avant tout, mais culturelle. On acquiert l’humanité, on naît humain en puissance mais on l’a en acte en allant contre la nature. C’est bien ce que présupposed’ailleurs l’expression, centrale dans le sujet, de " réaliser son humanité ".

On pouvait bien sûr parler du bonheur, mais à condition de se placer dans une perspective aristotélicienne (Politiques, I, 1 et 2 et Ethique à Nicomaque, notamment, I, 5), et de refaire son raisonnement. Sinon, on ne traite pas le sujet (à la fois parce qu’on lui en substitue un autre : " est-ce dans … que l’homme estheureux ; et surtout parce que si vous ne réussissez pas à reprendre le point de vue d’Aristote –cf.partie I du cours bonheur et politique-, vous dites alors que nous ne nous sentons plus heureux à travers le loisir qu’à travers le travail : la question est celle, bien moderne, de l’épanouissement personnel ; ce n’est ni la question ou la thèse d’Aristote, ni celle du sujet. Ici, on s’interroge surl’humanité, pas sur la personnalité ou l’individualité ; que vous souffriez au travail n’implique nullement que le travail ne soit pas ce qui réalise l’humanité !

2) Problématisation :

On demande quelle est, des deux activités centrales dans la vie de l’homme, le travail et le loisir, celle qui déshumaniserait l’homme, quelle est au contraire celle qui l’humanise. Ce qui est à interroger, c’estsoit notre valorisation excessive du travail soit notre dévalorisation excessive au contraire. On doit donc principalement se demander si le travail a une valeur en soi, pas seulement sociale mais au sens où il serait ce qui nous rendrait plus humain ou humain tout court. Le travail est-il pour l’homme, non pas seulement un moyen en vue d’une fin extérieure (survivre, manger) mais aussi etsurtout une fin en soi ? Fait-il partie des phénomènes culturels/ spirituels ?

NB : bien sûr, on devra peut-être aussi remettre en question l’opposition tranchée " travail contre loisir " ; mais à condition que cette remise en question soit réellement amenée par un problème rencontré au cours du développement.

I-Le travail ne serait-il pas activité humaine par excellence ?

A- un animal netravaille pas et le travail va contre la nature, la nie : il est bien ce qui nous extrait du règne naturel, ce qui nous différencie de l’animal..
1) Le mythe de Prométhée (Platon, Protagoras, 320c-321c) : quelle est l’origine des techniques (et du travail lui-même) ?


"Il fut jadis un temps où les dieux existaient, mais non les espèces mortelles. Quand le temps que le destin avait...
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