Etat des sols inde et en chine

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  • Publié le : 15 mai 2011
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La pollution des sols peut être diffuse ou locale, d'origine industrielle ou agricole. Ses manifestations sont multiples. Parmi elles, la dégradation chimique des sols due à une mauvaise gestion de l'agriculture peut provoquer la désertification. Plus de la moitié des 1 977 millions d’hectares de terres sèches en Asie sont concernées par ce risque[1].
Ainsi peut-on se demander si la dégradationdes sols et la désertification peuvent menacer le développement de l’Inde et de la Chine et si les actions de luttes entreprises sont à la hauteur de la menace.

I. Un grain de sable dans les rouages du développement.
La révolution verte des années 60 qui a permis à l’Inde et à la Chine d’améliorer leur sécurité alimentaire et de se prémunir contre les famines s’est basée sur l’utilisationintensive de produits chimiques par l’agriculture. Ainsi un épuisement des sols et une désertification des zones de pâture se sont produits.
Alors que l’on voulait réduire l’insécurité alimentaire, la dégradation des sols est en train d’amputer la Chine et l’Inde de leurs terres agricoles. Près de 180 millions d’hectares en Chine, y compris 90% des vastes plateaux herbeux chinois et 110 millionsd’hectares en Inde sont dégradés et ont contribué à réduire le potentiel agricole de ces deux pays.[2]
Le risque alimentaire augmente d’autant que ces deux géants font face à une pression démographique intense. De plus, les conséquences sont désastreuses pour les populations parmi les plus pauvres au monde : dégradation des conditions de vie, pauvreté, exode et famine.
Liée à l'activité humaine, ladégradation des terres constitue ainsi à la fois une conséquence du mal développement et une entrave majeure au développement durable des zones concernées. Le futur développement économique de ces deux pays ainsi que la qualité de vie de leurs citoyens sont désormais fortement menacés.

Les coûts économiques et sociaux de la dégradation des terres sont sous-estimés car ils sont difficiles àmesurer. Ils vont de la chute de production agricole due à la dégradation des sols aux dépenses nécessaires pour restaurer les terres devenues désertiques. Une évaluation mondiale estime le coût économique de la dégradation des terres à environ 64 milliards de US$/an. Au niveau national, le coût économique est évalué entre 1 et 9 % du PIB agricole. Selon le poids du PIB agricole dans le PIB total, ilpeut atteindre plusieurs pour-cent du PIB national de certains pays [3]. En Chine, la désertification a endommagé des installations de télécommunication, des ouvrages de protection des sources d’eau, des bases minières, des installations de défense nationale, l’environnement urbain et menacé le développement de l’industrie. Elle a aggravé surtout la pauvreté dans les régions rurales. Un sixième desdistricts sous-développés et un quart des paysans en sont victimes.
La dégradation des terres arables en Inde coûterait 285 milliards de roupies soit 5 milliards d'euros. Ce qui revient à une perte de 12% de la productivité totale de ces sols selon une étude réalisée par l' Indian Council of Agricultural Research et le Department of Space. 120,4 millions d'hectares de terres sont actuellementconcernés en Inde soit 1,2 million de km2.[4]

Les coûts sociaux sont plus difficiles à estimer. La désertification entraîne une désorganisation des sociétés en raison de la recherche de solutions pour parer à la chute des revenus : endettement pour assurer la sécurité alimentaire, vente du bétail et des biens, conflits d’accès aux ressources comme la terre et l’eau plus intenses, dislocations desfamilles, migrations temporaires, migration définitive vers d’autres zones agricoles, vers les villes et vers d’autres pays.

Le coût environnemental est également important. La désertification et la dégradation des terres ont en effet de sérieuses conséquences sur le changement climatique, la capacité de stockage du carbone des sols et la biodiversité.

II. Comment enrayer la machine...
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