Ethique, progres et technique medicale•

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  • Publié le : 18 mai 2010
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ETHIQUE, PROGRES ET TECHNIQUE MEDICALE•
Professeur Béchir HAMZA
Président du Comité National d’Ethique Médicale de Tunisie
Je voudrais remercier Monsieur le Doyen de m’avoir invité en ma qualité de Président du Comité National d’Ethique Médicale à participer à votre colloque sur la bioéthique et traiter, devant un auditoire versé dans les sciences juridiques et politiques, du sujet «Ethique, progrès et technique médicale ». Comme vous le savez, la bioéthique a occupé pendant longtemps l’espace philosophique, mais aujourd’hui, elle s’introduit de plus en plus dans le langage médical, juridique, social, économique et politique. Si elle est restée longtemps occultée, c’est en raison du retard de la technologie et du retard à se faire entendre. La bioéthique terme qui, initialementévoque l’ensemble des problèmes d’éthique concernant le monde du vivant oriente son attention sur les progrès de la médecine et de la biologie contemporaine qui ont modifié les repères moraux habituels. Elle est aujourd’hui, une branche multidisciplinaire, rénovée et actualisée à la lumière du progrès scientifique. Elle est aussi aujourd’hui l’objet de questions d’interrogations dont se sontsaisies, les familles spirituelles, les courants de pensée, philosophes, sociologues, juristes, et médecins … L’opinion publique, les décideurs, ne sont pas restés insensibles aux incidences sociales et à l’impact potentiel de ce nouveau pouvoir bioéthique. Celui-ci est devenu une primauté face aux conquêtes du progrès scientifique, et à l’accélération des connaissances sur la biologie et leursapplications à l’Homme. La bioéthique a franchi les frontières nationales, occupe actuellement l’espace international des Nations-Unies pour alimenter un large débat sur la nécessité d’une réflexion éthique pour accompagner la pratique de la recherche quand il s’agit de l’espèce humaine. Le débat concerne en particulier la maîtrise de la fécondité, la procréation médicalement assistée, le diagnostic austade prénatal, la thérapie par substitution d’organes, la thérapie génique, l’expérimentation sur l’homme, l’acharnement thérapeutique, l’euthanasie, l’utilisation de tissu du foetus à des fins thérapeutique, la neuroscience et ses applications, l’expérience sur l’embryon. Il concerne aussi le déploiement d’une technologie et d’une thérapeutique de pointe, parfois agressive et même dangereuse etqui ont fait de l’organisme humain un objet accessible à toutes les investigations et à toutes les pratiques. En fait le débat concerne toutes les questions qui touchent à la vie humaine face aux acquisitions de la médecine ou de la biologie.
Qu’est-ce que la bioéthique ?
La bioéthique est une manière de repenser les rapports entre l’homme et l’évolution vertigineuse et de plus en plusrapide des connaissances. L’idée maîtresse de la bioéthique est le respect de la personne, la recherche d’un devenir de l’homme dans des questions qui touchent à sa dignité, son inviolabilité, sa sécurité somatique et mentale, bref à la manière de naître, vivre et mourir. Mr le professeur Jean BERNARD, Président d’honneur du Comité d’éthique français en a donné la définition : « l’éthique se définitcomme l’ensemble des normes que s’assigne un groupe ou une société, qui veut garder le sens de la
• Paru dans les Actes du Colloque International « Qu’est-ce que la bioéthique ? » Tunis les 12 et 13 janvier 1996, publié en 1997, pp. 17-26.
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mesure. L’éthique biomédicale tend à préserver le sens de l’humain dans une société de plus en plus dominée par la science et la technologie ».
L’onpeut dire que chaque fois que l’on veut respecter la dignité de la personne et de son corps, le sens de l’humain dans des situations qui touchent à la naissance, la souffrance, la vie et la mort, l’on entre dans le domaine de l’éthique biomédicale. Que ce soit l’action thérapeutique où le but immédiat est la guérison ou la suppression de la douleur, que ce soit l’abstention thérapeutique, ou le...
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