Etre et avoir

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  • Publié le : 13 avril 2010
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L’argent, entre l'être et l'avoir

Introduction :

L’argent n'était initialement que le moyen destiné à rendre concevable l'échange. Il se concevait alors comme mode d'expression ontologique, terme issu du grec qui veut dire : « qui expose ce qu'il en est de l'être ». Il est donc à soupçonner que la prise d'autonomie de
l'argent, moyen devenu fin, s'étant doublée d'une dérive del'individuation, expression d'une qualité, vers la recherche pure et simple de quantité, est aussi basculement de l'ontologique dans l'économique, soit dans un avoir coupé de l'être. On le voit, comme ce que possède quelqu'un, ce à quoi il s'attache, dit quelque chose de lui, l'argent, en tant qu'il est agent d'acquisition, de substitution, d'échange, serait bien en première ligne pour facilité uneformulation de soi par soi. Ce que j'achète, ce que je vends, ce que je prends et ce de quoi je me déprends, grâce à l'outil monétaire qui peut convertir quoi que ce soit en quoi que ce soit, permettrait au sujet de se positionner dans le monde des formes et des valeurs.

L'hypothèse initiale consistera donc à voir dans l'argent, outil de l'avoir, un instrument
de l'être

En effet, sil'argent est la modalité privilégiée des transactions qui permettent de faire sien ce qui est initialement à un autre, alors l'argent va ciseler des postures d'avoir qui sont aussi des affirmations de préférences, des dissociations où l'individu se manifeste comme proche d'un autre ou en opposition. Par exemple, dans L'Argent de Zola, c'est la figure de la rédemption,
forme sublimée du rachat, qui vacaractériser des dépenses de la princesse d'Orviedo, ses fondations somptueuses et somptuaires pour éduquer les déshérités, dans sa tension vitale pour compenser les spoliations de feu son mari. Ainsi, p. 81-82 : «.….……………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………  ». Simmel explicite très radicalement cette analogie entre se définir et payer, acheter ceci plutôt que cela. Il va dire que l'argent est comme un langage, qui dit de l'acteur économique quelle est sa teneur
ontologique, son mode particulier d'exister. Ainsi, p. 243 : « Tout comme mes pensées doivent prendre la forme de la langue généralement comprise pour promouvoir mes buts pratiques par ce détour, ainsi mon action ou mon avoir doivent-ils adopter la forme de la valeur monétaire pour servir l'avancée de ma volonté. L'argent est l'outil le plus pur,de l'espèce ci-dessus décrite : une institution dans laquelle l'individu verse son action ou son avoir, pour atteindre par ce point de passage des objectifs qui resteraient inaccessibles à uneffort directement dirigé vers eux. » Effectivement, dans le texte de Molière, Cléante, fils d'Harpagon est comme privé de langue en étant privé d'argent, du fait de l'avarice de son père. Dès lors il ne peut pas manifester ses goûts et son rang par des vêtements. Il est comme empêché économiquement dans l'expression ontologique de lui-même, qui passerait par un avoir minimal. Le non-avoir faitobstacle à l'expression de lui-même par lui-même. Ainsi, p. acte 1 scène 2, il s'en ouvre à sa sœur Elise : « Car enfin, peut-on rien voir de plus cruel que cette rigoureuse épargne qu'on exerce sur nous, que cette sécheresse étrange où l'on nous fait languir ? Et que nous servira d'avoir du bien, s'il ne nous vient que dans le temps où nous ne serons plus dans le bel âge d'en jouir, et si pourm'entretenir même, il faut maintenant que je m'engage de tous côtés, si Je suis réduit avec vous à chercher tous les jours le secours des marchands, pour avoir moyen de porter des habits raisonnables » ?

Pourtant, l'argent induirait des modalités de l'avoir qui pourraient entrer en conflit avec celles de l'être, qui pourraient écraser l'être

En effet, comme le suggérait déjà la dernièrecitation de Molière, où se...
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