Etre heureux est-ce satisfaire tous ces désirs

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 6 (1482 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 18 février 2010
Lire le document complet
Aperçu du document
Etre heureux, est-ce satisfaire tous ses désirs ?

La question peut surprendre car nous avons tendance à associer naturellement le bonheur à la satisfaction de nos désirs. Qu’il s’agisse de l’enfant qui obtient le jouet qu’il a désiré ou l’homme mûr qui décroche la promotion qu’il convoitait, le bonheur semble passer par l’obtention de l’objet de nos désirs. Dans le cas contraire, nouséprouvons un sentiment de manque et de frustration.
Mais lorsque nous lisons l’énoncé plus attentivement, une première difficulté apparaît. Il est en effet question non pas de la satisfaction des désirs, mais de tous les désirs. Or pouvons-nous en établir la liste ? A l’image de la « liste au Père Noël » que dresse un enfant, un désir vient toujours s’ajouter aux autres.
Peut-êtretient-on là une caractéristique essentielle du désir ? Ne s’épuisant jamais dans l’obtention de l’objet convoité, il renaîtrait sans cesse. Nous apercevons alors une seconde difficulté dans l’énoncé du sujet. Elle porte cette fois sur la notion de satisfaction. Doit-elle être pensée comme obtention de l’objet désiré, à l’image de l’homme rassasié qui n’éprouve plus la tension du désir. N’est-ce pasplutôt l’apparition de désirs toujours nouveaux qui nous rendrait heureux ? Le bonheur serait dans le mouvement plutôt que dans le repos.
Mais peut-on vraiment parler de bonheur ? C’est la troisième difficulté que nous pouvons apercevoir dans ce sujet en songeant à Peau d’Ane qui n’a trouvé d’autre moyen d’échapper à une union avec le roi, son père, que de subordonner son consentement à lasatisfaction de désirs apparemment impossibles (une robe couleur de soleil, etc…), et que malheureusement son père réussit chaque fois à satisfaire, la condamnant ainsi à la fuite. Ce conte ne suggère-t-il pas, entre autres, que loin de chercher sa satisfaction, le désir est peut-être une façon d’échapper à une forme de malheur. Mais ce « divertissement », comme l’appelait Pascal, en créant unsentiment d’ennui et d’insatisfaction nous voue peut-être à un malheur encore plus grand.
Etre heureux, est-ce donc satisfaire tous ses désirs, ou n’est-ce pas plutôt renoncer à ceux-ci ? Est-ce seulement possible ?
L’enjeu de ce sujet consiste à analyser la nature du désir et à déterminer s’il est un moyen de parvenir au bonheur ou bien au contraire, ce qui nous en éloigne à jamais.I. Nous serions tentés de répondre que le bonheur consiste dans la satisfaction de tous nos désirs.

A. Il y a en effet un lien entre les deux notions :
1. Tous les hommes désirent être heureux (Aristote). Derrière tous nos désirs « particuliers » se cache donc le désir de bonheur.

2. Ce bonheur consisterait dans le plaisir. Thèse de l’hédoniste. Ce plaisir : un étatde plénitude que connaît l’homme qui a réalisé ses désirs. Ex : l’homme qui contemple ses trois tonneaux remplis. Le bonheur ici se confond avec la satiété.

3. Présupposé : pour atteindre cet état de satiété, il faut être capable de distinguer différents types de désirs. On est donc amené à modifier notre hypothèse de départ: le bonheur ne réside pas dans la satisfaction de tous nosdésirs, mais de certains désirs : les désirs nécessaires et naturels par exemple (Epicure). Quant aux autres, les désirs vains (désir d’immortalité par exemple), nous devons nous efforcer d’y renoncer.

B. Mais cette idée ne va pas de soi :
1. notre volonté et notre raison sont-elles suffisamment fortes ?

2. Et surtout, ce bonheur pensé comme satiété n’est-elle plutôt synonymed’ennui et de mort ? C’est ce qu’affirme Calliclès en opposant à l’image de l’homme qui contemple ses trois tonneaux celui qui ne cesse de les remplir quitte à ce qu’ils débordent.

C. Le bonheur serait alors d’avoir tous les désirs et d’avoir le courage de les satisfaire au fur et à mesure qu’ils apparaissent.
1. Ici, il faudra insister sur le fait qu’il ne s’agit pas d’obtenir un à...
tracking img