Etre juste esy-ce traiter tout le monde de la même manière

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  • Publié le : 20 mars 2011
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B. Etre juste est-ce traiter tout le monde de la même manière?
 On pourrait penser spontanément que traiter chacun à égalité, c’est être juste.
1° d’abord parce que désormais nous considérons que l’égalité devant la loi en droits et en devoirs est indiscutable. On ne peut plus adhérer à la critique que faisait PLATON de la démocratie jugeant que dans le peuple certains n’étaient pas aptes àexercer la liberté politique.
2° : Reconnaissant désormais à chaque homme une dignité absolue, il nous est impossible de mettre un homme au-dessus des autres hommes. Chacun exige la même considération donc le même traitement.
3° : La démocratie moderne a la passion de l’égalité comme le souligne TOCQUEVILLE, et c’est à partir de cette notion qu’elle pense tout.
 Ceci dit, traiter tout le monde dela même manière peut se révéler injuste ou porteur d’inégalités. Tout dépend d’abord de la manière dont on traite tout le monde et peut être comme le souligne ARISTOTE du domaine dans lequel on est. Selon lui dans le domaine politique et dans les échanges économiques, ce qu’il appelle la justice directive:  ce qui est juste c’est l’égalité arithmétique : un citoyen = un citoyen ou un acheteur = unacheteur, il faut que l’équilibre soit rétabli par la peine égale au dommage subi, que tout criminel tombe sous le coup de la loi. Par contre, dans le domaine de la justice distributive, lorsqu’il s’agit de décider des charges, des récompenses, des avantages ( et aujourd’hui des aides sociales) : ce qui est juste, c’est l’égalité géométrique. Et c’est alors par rapport à un troisième terme qu’onva évaluer chacun et répartir ou distribuer à proportion selon le mérite, les besoins, le travail ce qui est du à chacun ou ce qu’il doit…
Les distinctions d’ ARISTOTE pourraient justifier un État providence devant corriger les inégalités naturelles ou sociales par des traitements inégaux ou adaptés à chacun. Pour certains, l’État providence est un État qui va au-delà de ses missions premières,ce qu’on appelle les fonctions régaliennes. À savoir faire régner l’ordre, la justice pour la coexistence des libertés. Pour eux, l’État providence porte atteinte à la liberté de certains et impose une définition de la justice discutable. Pour certains, par cette redistribution inégalitaire, on favorise l’assitanat, on stigmatise ceux qui bénéficient de ces traitements ( ex: discriminationpositive) et on renforce le sentiment d’injustice chez les autres. Pour d’autres, on corrige d’injustes inégalités socio-économiques, et ce n’est là qu’un moyen de mettre en place une plus grande égalité, qui reste l’horizon de ces mesures transitoires inégalitaires.
On tombe alors dans un débat de valeurs qui n’est qu’un débat d’intérêts stérile. John RAWLS propose une nouvelle manière pour aborder cesquestions de justice : la justice procédurale. Pour savoir si quelque chose est juste, il ne faut pas l’évaluer par rapport à une valeur préétablie mais examiner la procédure qui est à l’origine de cette chose. Si la procédure est équitable, la résultat peut être dit juste. C’est dans ce sens que RAWLS va imaginer la procédure du voile d’ignorance. Partant du principe que les hommes défendenttoujours leurs intérêts, et qu’ils n’arrivent pas à s’entendre parce qu’ils ont des intérêts différents, RAWLS imagine des hommes qui ne savent pas quel est leur intérêt parce qu’ils ne savent pas qui il sont, de quoi ils sont capables, quelle est leur place dans le société. Et on demande à ces hommes de trouver un accord sur les principes fondamentaux de leur future société. Chacun étant contraintalors de défendre son intérêt personnel qu’il ignore. Chacun défend une sorte d’intérêt universel ou du moins valable pour chacune des positions possibles. Selon RAWLS ces hommes vont s’accorder sur deux principes :
I : Une égalité stricte dans l’attribution des droits et des devoirs et cela pour préserver les libertés de base, partant du principe que « les libertés de base ne peuvent être...
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