Etude de lorenzaccio, musset

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  • Publié le : 22 mars 2011
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Lorenzaccio de Musset
Evolution de Lorenzo au cours de l'œuvre.
Alfred de Musset est un écrivain et dramaturge du XIXe siècle. Après l'échec de sa pièce, La Nuit Vénitienne, sifflée par le public, il décide de n'écrire plus que des pièces destinées à la lecture rassemblées sous le titre Un Spectacle dans un fauteuil. Sa passion intense et orageuse avec l'écrivain George Sand l'inspirerafortement pour l'écriture de son œuvre. Dans ses pièces de théâtre Musset se libère des règles de la dramaturgie classique et crée des personnages complexes aux émotions contradictoires. Ces héros sont souvent à la fois idéalistes et débauchés, ce qui les rend particulièrement humains. C'est le cas de Lorenzo, héros de la pièce éponyme Lorenzaccio, qui afin de tuer un tyran, le Duc Alexandre de Médicis,se plonge dans le monde du vice et de la débauche. La dualité entre le but, noble et vertueux, et les moyens employés, débauche et luxure, sera très développée par Musset. Cet héros romantique, ressemblant au héros Shakespearien Hamlet, apparaît comme un double de Musset.
I] Un Lorenzo débauché
Lors de la première scène de la pièce, Lorenzo apparaît comme l'entremetteur du Duc de Médicis.Lorenzo au cours d'une longue tirade parle de la débauche et commence en ses termes : « Nous n'avons avancé que moitié. Je réponds de la petite ». Cette tirade permet au spectateur de comprendre que Lorenzo est un habitué et presque un expert de la débauche. En même temps il apparaît comme un homme très éloquent ; il emploie un vocabulaire soutenu et utilise des métaphores : « Une jeune chatte qui veutbien des confitures mais qui ne veut pas se salir la patte ».
Lorenzo apparaît aussi comme un espion. A la scène 4 de l'acte I le Duc dit de lui qu'il est « glissant comme une anguille ; [qu'] il se fourre partout et [lui] dit tout ». Le Duc enchaîne alors avec une description très dégradante de Lorenzo.
Pourtant l'entourage du Duc, à savoir Sire Maurice et le Cardinal Cibo semblent considérerLorenzo comme un danger pour Alexandre : « On sait qu'il dirige vos plaisirs et cela suffit ».
Cependant le Duc a totalement confiance en Lorenzo. Il se complait à dégrader Lorenzo aux yeux du Cardinal Cibo et de Sire Maurice, le traitant du « plus fieffé poltron ! une femmelette, l'ombre d'un ruffian énervé ! ».
Il s'ensuit la fameuse scène de l'épée où Lorenzo, après avoir dominé sesadversaires le Cardinal et Sire Maurice par la parole, semble se retrouver démuni lorsqu'on le pousse à la violence et finit par s'évanouir à la vue d'une épée.
Le Duc se réjouit à la vue de cet évanouissement car cela confirme son idée que Lorenzo, qu'il appelle Lorenzetta, n'est qu'un lâche qui ne représentera jamais le moindre danger. Malgré cela la dernière réplique du Cardinal « C'est bien fort,c'est bien fort ! » laisse entendre au spectateur qu'il vient d'assister à une scène de théâtre dans le théâtre et que Lorenzo pourrait bien être un danger Alexandre.
II] Un Lorenzo double
A La sixième scène de l'acte I le spectateur apprend de la bouche de Marie et de Catherine, mère et tante respectives de Lorenzo que ce dernier n'a pas toujours été le débauché mis en avant au début de la pièce. «Sa jeunesse n'a-t-elle pas été l'aurore d'un soleil levant ? » demande Catherine Marie, dévoilant l'enfance vertueuse de Lorenzo.
Cette duplicité entre le Lorenzo vertueux et le Lorenzo débauché est concrétisée lorsque Marie rêve de Lorenzo à la quatrième scène de l'acte II : « Le spectre s'est aussi auprès de la lampe, (…) et j'ai reconnu mon Lorenzino d'autrefois ».
Mais son corps semblesouillé par le vice. A la scène 5 de l'acte IV il tente de corrompre sa tante. Il s'accuse de pouvoir corrompre sa mère « si son cerveau le prenait à tâche ». Il compare son vice à la robe de Déjanire : il ne peut plus s'en débarrasser.
La seule chose à laquelle Lorenzo croit pouvoir se rattacher est le meurtre d'Alexandre. Il y met toute sa force, tout son esprit. Le spectateur découvre au fil de...
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