Etude du personnage de catherine leroux dans madame bovary de flaubert

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  • Publié le : 23 mars 2010
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Nous allons étudier le personnage de Catherine-Nicaise Elisabeth Leroux à travers sa description. Nous essayerons en même temps d’en dégager le type de personnage et sa portée symbolique.
Tout d’abord, Catherine Leroux est présentée avec son nom en entier : « Catherine-Nicaise-Élisabeth Leroux, de Sassetot-la-Guerrière ». Cette minutie nous révèle que le personnage a son identité propre. Nousavons l’impression que cette femme peut avoir existée. C’est donc avec réalisme que Flaubert souhaite nous plonger dans ce portrait. Le dialogue précédant sa présentation montre que Madame Leroux est timide et peu habituée aux us et coutumes de la bourgeoisie : « – N'aie pas peur ! /  – Ah ! Qu’elle est bête ! ». Une fois qu’elle a compris qu’elle devait monter sur l’estrade, Flaubert nous livresa description : « une petite vieille femme de maintien craintif, et qui paraissait se ratatiner dans ses pauvres vêtements ». Nous avons à faire à une paysanne assez âgée. Ensuite, l’écrivain décrit sa tenue en tant que témoin. Nous avons l’illusion d’être dans le public en train de la regarder. Il commence par parler de ses chaussures avant de remonter vers son visage. Le tout est peu élogieux :« Son visage maigre […] était plus plissé de rides qu'une pomme de reinette flétrie ». Catherine Leroux est habituée à se priver et à la vie agricole. C’est pour cela que sa peau paraît flétrie. Puis Flaubert s’engage dans une longue description des mains de cette femme. Effectivement, les mains des personnes à l’époque étaient représentatives de leur classe sociale. Généralement, les bourgeoiset les nobles avaient des mains parfaites alors que les paysans les avaient abîmées par un long travail de la terre. C’est le cas de Catherine Leroux : « force d'avoir servi ». Après ce sont les sentiments de la paysanne qui sont mis en valeur. Le narrateur redevient omniscient abandonnant son rôle de témoin. Il nous reparle de son visage mais avec une valeur d’interprétation : « Quelque chosed'une rigidité monacale relevait l'expression de sa figure ». Le dur labeur qu’a du effectuer Madame Leroux l’a profondément marqué et l’a plongé dans un mutisme certain. Elle a appris à dissimuler ses sentiments et a affronter la vie sans se plaindre : « C'était la première fois qu'elle se voyait au milieu d'une compagnie si nombreuse ; et, intérieurement effarouchée par les drapeaux […] elledemeurait tout immobile ». C’est cette réserve excessive qui a poussé les examinateurs du jury à se demander si elle était saine d’esprit. Ils ne comprennent pas sa réaction. « Ainsi se tenait, devant ces bourgeois épanouis, ce demi-siècle de servitude. » L’expression « demi-siècle de servitude » renforce bien l’aspect du travail dur qu’exécute Catherine Leroux. Elle contraste étonnamment avec « cesbourgeois épanouis ». Ils ne connaissaient certainement que l’opulence et se cachent la misère. Enfin, nous pouvons voir la dernière réplique de Catherine Leroux : « Je la donnerai au curé de chez nous, pour qu'il me dise des messes. ». Cette phrase met en avant son coté dévot mais aussi sa simplicité de vie.
Ainsi, le personnage de Catherine Leroux dénonce la misère des paysans par rapport auxbourgeois grâce à ce portrait et aux remarques de l’auteur. La vie simple accompagnée d’un dur labeur de Madame Leroux est mise en avant.

Passage où apparaît le personnage :
«Catherine-Nicaise-Élisabeth Leroux, de Sassetot-la-Guerrière, pour cinquante-quatre ans de service dans la même ferme, une médaille d'argent – du prix de vingt-cinq francs !»
      «Où est-elle, Catherine Leroux ?» répétale Conseiller.
      Elle ne se présentait pas, et l'on entendait des voix qui chuchotaient :
      – Vas-y !
      – Non.
      – À gauche !
      – N'aie pas peur !
      – Ah ! qu'elle est bête !
      – Enfin y est-elle ? s'écria Tuvache.
      – Oui !... la voilà !
      – Qu'elle approche donc !
      Alors on vit s'avancer sur l'estrade une petite vieille femme de maintien...
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