Etude du personnage de jeanne dans une vie, maupassant

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  • Publié le : 16 janvier 2010
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Le personnage de Jeanne

è Le personnage de Jeanne domine le roman et sa vie est perçue à travers la dualité entre ses attentes et ses désillusions. Elle est présente dans chaque chapitre et le lecteur peut ainsi non seulement suivre son évolution mais aussi définir et étoffer son portrait physique et psychologique par ses pensées et sa passivité. Même si le titre du roman en dit peu sur cequi attend le lecteur, (rappelons l’indéfini « une » au détriment d’un titre plus révélateur tel que « La Vie de Jeanne »), il n’en reste pas moins que la vie de Jeanne peut appartenir à n’importe quelle femme.
Souvent comparée à Emma Bovary, Jeanne est un être soumis qui subit ce qui l’entoure et qui ne cesse de vivre dans le passé et dans ses souvenirs.

Jeanne ou les étapes de la vie d’unefemme

L’existence de Jeanne est marquée par différentes étapes chronologiques et les grands moments de son existence apparaissent au fil des chapitres. Sa vie peut alors être résumée en cinq étapes :
• chapitres I à III, une vie de jeune fille ;
• chapitres IV à VII, une vie de jeune épouse ;
• chapitres VIII et X, une vie de mère et de veuve ;
• chapitres XI à XIV, une vie de mèreprématurément vieillie et de grand-mère ;

Jeanne ou l’échec du mariage

Dès le début du roman, tout semble donc prédisposer Jeanne à l’amour. A la sortie du couvent elle parait radieuse, « prête à saisir tous les bonheurs de la vie dont elle rêvait depuis si longtemps ».
L’auteur souligne un sentiment de liberté grâce aux occurrences de l’adjectif « libre » qui marquent les premières pages du roman.Cette liberté est une invitation à savourer la vie et, de ce fait, à rêver d’un amour, comble de bonheur. Victime de sa naïveté quant à la vie qui l’attend, elle est en décalage avec la réalité. Tel est sans doute l’élément central, originel de sa vie désastreuse.
Habilement, l’auteur renverse progressivement cette situation aux apparences idylliques et met tout en oeuvre pour préparer Jeanne aumalheur. Lors de sa première rencontre avec Julien, Maupassant souligne des troubles trompeurs pour simuler la naissance d’une grande passion. « Elle rougissait et pâlissait en rencontrant son regard et frissonnait en entendant sa voix », un état qui fait clairement référence au coup de foudre de Phèdre à la vue d’Hippolyte : « Je le vis, je rougis, je pâlis à sa vue/Un trouble s’éleva dans mon âmeéperdue. » Cependant, l’éveil des sens n’est en aucun cas celui du sentiment amoureux, Jeanne ne cesse de s’interroger sur ses véritables sentiments à l’égard de Julien. Ce qui marque une nette rupture entre le bonheur espéré et la réalité douloureuse est très certainement la nuit de noces. Une scène décrite selon des sentiments de peur et de violence. Jeanne prend alors conscience que sa vied’épouse et plus particulièrement de femme de Julien se limite à la satisfaction des désirs charnels de son mari.
Bercée par ses désillusions, Jeanne connaît toutes les tares du mariage, l’infidélité, l’indifférence et la solitude jusqu’aux horribles douleurs de l’accouchement, pour s’achever par un veuvage précoce.
Elle est l’incarnation de l’échec du mariage.

Jeanne ou l’échec d’une mère

Jeannen’est pas seulement victime de son destin dans son union avec Julien, dans son rôle de mère elle est aussi bafouée et sombre doublement dans l’échec.
Enceinte, tandis qu’elle découvre l’adultère de Julien avec Rosalie et sa paternité illégitime, elle reste indifférente à sa propre grossesse et s’en détourne d’autant que ce futur enfant résulte, non pas d’un désir, mais d’un hasard. Lorsqu’elleaccouche, l’auteur insiste essentiellement sur la douleur physique qu’elle ressent, ce qui fait office de mauvais présage, une future vie de mère malheureuse. Mais dès la venue de l’enfant, Jeanne sent s’éveiller en elle une « fibre maternelle » qui se traduit par un amour fanatique pour son fils Paul.
Elle est cette mère possessive dont les agissements frôlent l’obsession. Sans Paul, elle...
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