Etude du "songe" de vercors

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 13 (3064 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 5 juin 2011
Lire le document complet
Aperçu du document
VERCORS

Nom et prénom : Bruller Jean dit « Vercors »
Naissance : février 1902 à Paris
Décès : juin 1991 à Paris

Vercors est le fils d’une mère française (Ernestine Bourbon) et d’un père anglais (Louis Bruller) qui est venu de Hongrie à Paris.
Après des études d’ingénieur électricien, il devient dessinateur humoristique et illustrateur.
Pacifiste jusqu’en 1938, il est mobilisé pendant laSeconde Guerre mondiale, au pied du massif du Vercors. Il entre ensuite dans la Résistance et prend le pseudonyme de Vercors, nom d’un massif montagneux et d’un maquis célèbre.
En 1941, il cofonde, avec Pierre Lescure les Editions de Minuit, maison d’édition clandestine.
Il participe également au Comité national des écrivains (CNE) et au Mouvement de la paix.

Il est l’auteur de nombreuxromans dont Les animaux dénaturés (1952)
de nouvelles dont Le Silence de la mer (1942), Le Songe (1943)
de pièces de théâtre
d’essais et de chroniques.
De fables et de pamphlets

Contexte historique de l’écriture du Songe :

Fin 1943, le regard sur le monde concentrationnaire n’est pas encore stabilisé :l’exacte réalité des camps est incertaine, aucun des discours sur les différentes persécutions n’est encore véritablement constitué, et la difficulté à raconter les expériences concentrationnaires n’a pas été théorisée par les survivants eux-mêmes. C’est dans cette situation, qui se transformera radicalement en juillet 1944, qu’on pourra voir comment Vercors, en tant que résistant et écrivain, élaboreun accord délicat et complexe entre témoignage et fiction, affronte la question esthétique et étique de la représentation de l’horreur concentrationnaire, et cherche, dans sa transmission d’une parole originelle sur le monde concentrationnaire, à conquérir une crédibilité d’auteur.

Le Songe de Vercors

PLAN DE L’ETUDE

Un homme rêve qu’il erre dansun paysage de désolation et d’horreur. Cauchemar ou réalité ?

1- D’un univers onirique… 2- A la réalité cauchemardesque

a) Plongée spatiale et temporelle a) Les camps de la mort
dans le songe b) De l’écriture à la publication : cri
b) Une vision hallucinée ou silence ?c) « J’écris pour dire »

3- Le Songe, prémice d’une réflexion sur la qualité d’homme

a) L’animal dénaturé
b) Le choix du comportement humain

1- D’un univers onirique…

Le titre invite d’emblée le lecteur à s’attendre à un récit fictif tiré de l’imagination de l’écrivain. Et le narrateur, qui s’adresse directement à sonlecteur dans un prologue, présente effectivement l’histoire qui va suivre comme imaginaire.

a) Plongée spatiale et temporelle dans le songe

Le lecteur est plongé dès le début du récit de rêve dans un lieu sinistre, inquiétant et désolé « campagne dénudée », couverte de « boue noire et glacée ». Cette terre est d’autant plus lugubre et angoissante pour le narrateur qui la parcourt avecdifficulté qu’elle offre une image et une odeur de pourriture et de mort. Le « brouillard opaque » qui enveloppe le protagoniste non seulement ne lui permet pas de localiser géographiquement le lieu afin de se repérer dans l’espace, mais il le projette aussi dans un univers onirique à la limite du fantastique.

Le temps, irréel et étiré, participe de cette vision cauchemardesque. Lorsque apparaîtcette lande d’une « solitude séculaire », le personnage à la fois acteur et narrateur de son propre songe est déjà en train de s’adonner à une action qui s’avèrera toujours la même le temps de son rêve : la marche sans but apparent et sans destination précise aux yeux du personnage.
Depuis combien de temps marche-t-il ? D’où vient-il et où se rend-il ? Nul ne le sait et encore moins le rêveur,...
tracking img