Etude philosophique de texte – sartre et le langage

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  • Publié le : 27 octobre 2010
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ETUDE PHILOSOPHIQUE DE TEXTE – SARTRE ET LE LANGAGE

Le langage est nécessaire en ce qu’il permet aux hommes de communiquer entre eux leurs pensées, leurs passions, leurs sentiments. Néanmoins, chacun peut observer que les mots utilisés sont, parfois, inadéquats, impropres à qualifier tel ou tel sentiment que l’on cherche à exprimer. Peut-on, alors, tout dire ? Est-il possible que le langagepuisse faire part de toutes les pensées, de tous les sentiments des hommes dans leurs nuances les plus complexes ? Dans ce texte, le philosophe Sartre expose sa thèse sur la question, disant que tout peut être nommé, que le langage peut, « a priori », rendre compte de tout ressenti. Pourtant, n’y aurait-il pas une réalité qui échapperait à la nomination, celle des cinq sens ? De même pour lapensée : la conceptualiser par des mots, n’est-ce pas la réduire, la tronquer ? L’indicible n’existerait-il pas ?

Dans les deux premières lignes, Sartre fait le constat que, parfois, les mots ne sont pas en adéquation totale avec ce que nous ressentons. Ainsi, il utilise le pronom personnel « je », désignant les hommes parlant et ayant forcément fait un jour cette expérience frustrante des motsinappropriés, pour décrire des sentiments tel que « l’amour », pour reprendre l’exemple donné par le philosophe. Cet exemple de l’amour n’est pas choisi au hasard : on peut le considérer comme une réponse au texte de Bergson traitant du même problème philosophique et débutant d’un constat sensiblement semblable mais dont la thèse est tout à fait différente de celle de Sartre.
D’ailleurs, ce dernieramorce l’annonce de sa thèse par une question rhétorique qui ouvre vers une perspective sur le rapport du langage et des sentiments. Ainsi, l’auteur affirme que tout doit et peut être « nommé » et ce « même » de la façon la plus inappropriée qu’il puisse être. En effet, nommer est une exigence car le langage donne une réalité, fait exister ce qui est nommé. Ainsi, Descartes appuie lui-même cetteidée lorsqu’il pose que la proposition « « Je suis, j’existe », est nécessairement vraie, toutes les fois que je la prononce ». Ce qui est dit est révélé à soi-même puis aux autres ce qui entraîne une prise de conscience de l’existence de passions, d’objet, etc... Ensuite, Sartre pose dans sa thèse la possibilité que tout puisse être en adéquation avec le langage. Cette idée trouve sa légitimité dansla définition même du langage : un système de signes, ayant pour fonction d’établir une communication et dont le choix des signes, le lien entre signifiant et signifié résulte d’une convention entre les utilisateurs du système. Il est alors tout à fait possible de tout nommer et parfois même de « négativement » nommer.
Ensuite, le philosophe définit le principe de la « nomination » comme étantun « art ». Ici, il s’agit de définir l’ « art » comme savoir-faire, comme technique. Comme le savoir-faire, le langage n’est pas inné chez l’homme. D’ailleurs, Sartre utilise une phrase de Alain : « on ne nous a rien promis » pour montrer que l’homme est seul face à ce qu’il veut dire, qu’il n’y a pas d’énoncé déjà établi et qui soit en pure adéquation avec ses pensées. Il doit sans cesse nommerpour se faire comprendre et maîtriser cet art de la nomination pour mieux se faire comprendre.
C’est d’ailleurs l’idée que le penseur développe de la ligne 9 à 18. Pour l’exprimer, il personnifie le sentiment. « Le sentiment parle », « existe », il se rendrait compte lui-même de la faiblesse des propos qui tendent à le qualifier. Force est alors de constater qu’il faut lui trouver un signe pluséloquent sur ce qu’il est dans sa plus infime nuance et qu’il sera ainsi saisi dans son sens le plus total, un signe qui « corrigera » la mauvaise compréhension de ce que le sentiment exprimé a d’original. Sartre ne se fait pas d’illusion : « on ne nous a rien promis ». Il est alors du devoir le plus légitime de l’homme de chercher ses moyens d’expression et notamment en inventant de nouveaux...
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