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  • Publié le : 9 mars 2010
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INTRODUCTION
Présentation succincte : un exemple parmi d’autres
Dans Andromaque, tragédie classique, représentée pour la première fois en novembre 1667,
Racine s’inspire d’un modèle grec hérité de l’Antiquité, Andromaque d’Euripide. Dans la
seconde préface de la pièce, il revendique le droit à la liberté pour le créateur, imitateur non
servile. Reprenant les personnages grecs ettroyens de la tradition, le dramaturge montre d’une
manière personnelle la complexité du sentiment amoureux, source de conflits qui mènent
souvent à la mort. Le schéma des amours incomprises, autour duquel se construit l’intrigue de
la pièce, donne à la fatalité un pouvoir redoutable. Au lendemain de la guerre de Troie,
Pyrrhus est tombé amoureux de sa captive Andromaque, partagée entresa fidélité à la
mémoire de son époux Hector et le désir de sauver le petit Astyanax. Le fils d’Achille est luimême
l’objet de la passion d’Hermione, que, de son côté, Oreste aime d’un amour fou.
Situation de l’extrait dans l’économie de la pièce : non exigible des candidats ; **éventuellement
quelques remarques sur l’acte choisi (acte IV)
La première rencontre entre Pyrrhus etHermione a lieu dans le quatrième acte, alors qu’une
entrevue est annoncée depuis le deuxième acte. Cette rencontre s’effectue à l’initiative de
Pyrrhus et obéit à une nécessité dramatique : il doit faire part à Hermione de sa décision
d’épouser sa captive Andromaque. La tirade étudiée constitue la clôture de la scène.
Intérêt de l’extrait
Hermione, délaissée et blessée par Pyrrhus,apparaît, à l’instar des figures féminines antiques,
Médée et Didon, avec toute la grandeur d’une héroïne tragique. En proie à divers sentiments,
elle profère des imprécations en présence du roi d’Epire.
Projet de lecture : questions possibles
Dans une longue tirade, la passion d’Hermione est mise à nu. Aussi peut-on s’interroger sur
l’essence de cette passion et les modalités dudévoilement.
Axes d’étude : pistes possibles
I La force de l’amour
II Le paroxysme de la souffrance
III La marche inexorable vers la mort
DEVELOPPEMENT
I La force de l’amour
Une passion qui se dit révolue, mais qui demeure présente et violente Le jeu des temps
A travers une accumulation de verbes au passé composé : « ai dédaigné », « ai cherché », « ai
commandé » età l’imparfait : « j’attendais », Hermione rappelle les preuves d’amour qu’elle
a données à Pyrrhus. Dans les textes anciens, empruntés au théâtre et à l’épopée, qu’il s’agisse
de Médée d’Euripide ou de L’Enéide de Virgile, Médée et Didon utilisent aussi le procédé de
l’énumération pour rappeler les sacrifices auxquels elles ont consenti pour l’homme aimé,
Jason ou Enée… Dans la tiraded’Hermione, le temps du passé, à valeur d’accompli, alterne
avec le présent : « suis encor » (vers 1359) et « je doute encore si je ne t’aime pas » ; la litote
du vers 1368 suggère toute la force du sentiment.
L’énonciation
L’omniprésence du « je » anaphorique dans les vers 1356 à 1368 et le recours au tutoiement
dans la tragédie insistent sur l’intimité du couple que l’héroïne chercheà faire renaître au
début de la tirade.
Le lexique
Le champ lexical de la passion crée aussi un effet d’insistance ; le verbe « aimer », placé en
début de vers : «Je t’aimais » (vers 1365) ou à la fin du premier hémistiche « aimé » (vers
1356) et frappé par l’accent tonique, montre l’intensité du sentiment amoureux qui anime
Hermione.
Les trois procédés étudiés traduisent lapermanence et la profondeur d’une passion qui
appartient tant au passé qu’au présent.
Aveuglement et lucidité {text:soft-page-break} La visite de Pyrrhus, tant attendue, suscite l’espoir d’un revirement dans le coeur du héros,
comme le suggère le lexique: « attendais » et « cru ». Cependant l’attitude de Pyrrhus - le
mutisme dans lequel il s’enferme et l’absence de regard...
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