Euclion

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  • Publié le : 29 mai 2010
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Je suis mort ! je suis égorgé ! je suis assassiné ! Où courir ? où ne pas courir ? Arrêtez ! arrêtez ! Qui ? lequel ? je ne sais ; je ne vois plus, je marche dans les ténèbres. Où vais-je ? où suis-je ? Qui suis-je ? je ne sais ; je n'ai plus ma tête. Ah ! je vous prie, je vous conjure, secourez-moi. Montrez-moi celui qui me l'a ravie... vous autres cachés sous vos robes blanchies (76), et assiscomme des honnêtes gens... Parle, toi, je veux t'en croire ; ta figure annonce un homme de bien... Qu'est-ce ? pourquoi riez-vous ? On vous connaît tous. Certainement, il y a ici plus d'un voleur... Eh bien ! dis ; aucun d'eux ne l’a prise ? .... Tu me donnes le coup de la mort. Dis-moi donc, qui est-ce qui l'a ? Tu l'ignores ! Ah ! malheureux, malheureux ! C'est fait de moi ; plus de ressource,je suis dépouillé de tout ! Jour déplorable, jour funeste, qui m'apporte la misère et la faim ! Il n'y a pas de mortel sur la terre qui ait éprouvé un pareil désastre. Et qu'ai-je à faire de la vie, à présent que j'ai perdu un si beau trésor, que je gardais avec tant de soin ? Pour lui je me dérobais le nécessaire, je me refusais toute satisfaction, tout plaisir. Et il fait la joie d'un autre quime ruine et qui me tue ! Non, je n'y survivrai pas.

EUCLION - Périi, intérii, óccidi ! Quo cúrram ? quo non cúrram ? Téne, téne ! Quem ? Quis ? Néscio, níhil vídeo, caécus eo atque équidem quo éam, aut úbi sim, aut qui sim, Néqueo cum ánimo cértum investigáre. Obsécro égo vos, mi auxílio, Óro, obtéstor, sítis et hóminem demonstrétis quis éam abstúlerit.Quid ais tu ? tíbi crédere cértum est ;nam esse bónum ex vóltu cognósco. Quid est ? Quid ridétis ? Nóvi ómnes : scío fúres ésse hic complúres, qui vestítu et créta occúltant sése átque sédent quási sint frúgi. Hem, némo hábet hórum ? occidísti. Dic ígitur, quis hábet ? néscis ? Heu me mísere míserum, périi ! mále pérditus, péssime ornátus éo, Tàntum gemíti et màli maestitiáeque hic díes mi optulit, fámem et pau periem ! Perditíssimusego sum ómnium in térra. Nam quid mi ópust víta ? tántum aúri. Pérdidi quod concustodívi sédulo ! Egómet me defraudávi Animúmque méum geniúmque méum ; Nunc érgo álii laetificántur. Méo málo et dámno. Páti néqueo.
(Plaute, Aulularia, Acte IV, scène 9, op. cit.)
Traduction
EUCLION - Je suis fini, je suis mort, je suis assassiné. Où courir, où ne pas courir ? Arrêtez-le ! Arrêtez-le ! Qui ? Et parqui ? Je ne sais, je ne vois rien, je suis aveugle ; où vais-je, où 
suis-je, qui suis-je, je ne suis plus certain de rien. Je vous en supplie, je vous le demande, je vous en conjure, secourez-moi, et montrez-moi l’homme qui me l’a enlevée.Que dis-tu, toi ? Je veux te croire ; je vois à ton visage que tu es un honnête homme. Qu’y a-t-il ? Pourquoi riez-vous ? Je vous connais tous ;  je sais qu’il ya ici beaucoup de voleurs qui, sous un vêtement blanchi, se dissimulent et sont assis à leur place, comme s’ils étaient de braves gens. Eh bien, personne, parmi les gens d’ici, ne l’a prise ? Tu m’as assassiné. Dis-moi, donc, qui est-ce qui l’a ? Tu ne le sais pas ? Ah, malheureux que je suis, tout est fini ! Je suis vraiment fini, et bien mal en point, tant ce jour m’a apporté de gémissements,de malheurs et de tristesse ! Et la faim, et la misère ! Je suis, de tous les vivants, le plus abandonné. A quoi me sert de vivre ? J’ai perdu tout l’or que je gardais si soigneusement ! Je me suis privé moi-même, moi, mon âme et mon génie ; et maintenant d’autres se réjouissent de mon malheur et de ma perte. Je ne puis le supporter !

Je suis mort ! je suis égorgé ! je suis assassiné ! Oùcourir ? où ne pas courir ? Arrêtez ! arrêtez ! Qui ? lequel ? je ne sais ; je ne vois plus, je marche dans les ténèbres. Où vais-je ? où suis-je ? Qui suis-je ? je ne sais ; je n’ai plus ma tête. Ah ! je vous prie, je vous conjure, secourez-moi. Montrez-moi celui qui me l’a ravie... vous autres cachés sous vos robes blanchies , et assis comme des honnêtes gens... Parle, toi, je veux t’en croire ; ta...
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