Eugenie grandet

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  • Publié le : 5 janvier 2011
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Eugénie : Le titre indique bien que c’est cependant Eugénie qui est l’héroïne du roman. Sa discrétion et sa générosité sont peintes avec une grande délicatesse. Son mode de vie, son silence, sonphysique sont ternes, mais c’est justement sur un vide que peuvent s’exercer les effets physiologiques et mentaux de cette autre monomanie qu’est l’amour. Balzac la fait naître (page 82), la faitapparaître physiquement dans le roman (page 76, après l’arrivée de Charles), lui permet de juger son père (page 107), enfin de trouver le seul mode par lequel elle puisse s’opposer à lui : la dépense, le don(à Charles, puis aux pauvres).
Mais cette lutte ne peut être dramatique, une lutte d’égal à égal, que parce qu’elle ressemble à son père : le processus d’identification se fait alors dans le roman ;elle est «masculine» (page 79) ; elle fait preuve de stratégie (les déjeuners, les mensonges) ; elle transporte des fonds la même nuit que son père (parallélisme que Balzac souligne, page 161 : «Ainsile père et la fille avaient compté chacun leur (sic) fortune») ; à la fin, elle devient comme lui, maître de la dépense (page 231), prend ses affaires en main, parle comme lui : «Nous verrons cela»(page 259). Le grand lecteur de Balzac que fut Alain l’a fort bien observé : «En prenant l’avarice comme une chose monstrueuse au lieu qu’elle est presque naturelle à la fortune, et naturelle absolumentdans la vieillesse, on se prive de reconnaître Grandet dans Eugénie.» (“Avec Balzac”, 1935). Mais là où Grandet est abîmé par sa monomanie, Eugénie est sublimée. Bien sûr, l’illusion perdue va causerson dépérissement : si (pages 80, 82) l’amour «fait respirer», page 238, on lit : «Point de vie au cœur ; l’air lui manque alors.» Elle connaît la douleur, la perte des couleurs, du mouvement (page269).
Cependant, le dernier portrait est double car l’amour peut se détourner sur Dieu mais pas l’argent : Grandet est athée (page 119 : « les avares… ») ; la fonte des joyaux de Charles en un...
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