Europe religieuse et politique

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  • Publié le : 24 mars 2011
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Sujet : En quoi peut-on dire qu’à partir du 16ème siècle, une définition politique et culturelle de l’Europe s’est substituée à une définition religieuse et culturelle de l’Europe ?

Introduction
«Europa vel regnum caroli ». Cette locution latine des contemporains de Charlemagne montre que l’Europe du 9ème siècle était animée par l’idée d’une unité selon un principe. Face au morcellement de laféodalité, les hommes du Moyen-Age avaient, en compensation, rêvé d’une vaste construction impériale. Durant toute cette époque, c’est l’idée de Christianitas qui s’impose, désignant par là aussi bien l’unité religieuse de l’Europe que son unité culturelle : il s’agit d’un monde qui pense et qui écrit en latin.
En revanche, à partir du 16ème siècle, on assiste à un bouleversement complet desdonnées établies. D’une part, la montée des États constitue un tournant dans l’Histoire de l’Europe dans la mesure où l’on assiste à la ruine de l’idée d’empire et à la sécularisation de la politique. D’autre part, alors que l’Europe médiévale était circonscrite au monde latin ; à partir du 16ème siècle, grâce à la vulgarisation des langues nationales, on assiste à une nouvelle définition culturellede l’Europe : si des courants culturels identiques transcendent l’Histoire de l’Europe ; force est d’admettre que ceux-ci ne sont plus exclusivement diffusés en latin mais dans les langues vulgaires.
Problématique
La question qui se pose est donc de savoir quels sont les caractères qui montrent une telle substitution ? C’est la raison pour laquelle il faut veiller à montrer que la montée desEtats a définitivement ruiné l’idée d’une définition religieuse de l’Europe. Toutefois, il convient aussi de remarquer que les caractères culturels de l’Europe ont toujours permis de donner une définition culturelle de l’Europe.

I) La montée des États et la ruine de l’idée d’empire.

La notion d’Etat est entendue généralement de deux façons. C’est l’entité globale et souveraine rassemblantterres et peuples à l’échelle de la nation. Mais, ce peut être aussi l’autorité qui dirige et administre un tel ensemble. De ce point de vue, l’Europe du 16ème siècle n’est plus l’Europe féodale mais ce n’est pas encore l’Europe des Etats-nations.

A) la ruine de l’idée d’Empire.
Comme nous l’avons écrit en introduction, les hommes du Moyen-Âge qui vivaient dans un monde politiquementmorcelé par la féodalité avaient rêvé à une vaste construction impériale : à l’empereur, le pouvoir temporel ; au Pape, le pouvoir spirituel.
Mais, la papauté fut discréditée par la « captivité de Babylone » et par le grand schisme d’Occident (1378-1415). Les Papes de la Renaissance, plus préoccupés de leur dignité de princes italiens, paraissent eux-mêmes abdiquer toute prétention à la directionspirituelle de l’Empire. En 1517, Luther pousse même la contestation jusqu’à la rupture. Par ailleurs, au sein de l’Empire, l’empereur n’a guère que des pouvoir honorifiques. Les Habsbourg qui se succèdent sur le trône à partir de 1438, essayent de centraliser l’Empire…mais en vain. La volonté du nationalisme « germanique » naissant de se partager le monde latin ruine définitivement ces efforts :l’Europe restera déchirée selon « la vieille blessure mal cicatrisée du Limes antique » (F. Braudel).
En posant le principe du « Cujus regio, ejus religio », la paix d’Augsbourg (1555) termine l’évolution amorcée dès le début du 16ème siècle. La guerre de Trente ans accentuera la scission de l’Europe tout comme le Traité de Westphalie condamnera l’Allemagne à la division politique et religieuse.B) La montée des Etats.
Le déclin de l’occident chrétien est concomitant à la montée en puissance des Etats.
Trois se sont constitués depuis le 13ème siècle :
- La France avec la victoire de Louis XI sur Charles le Téméraire ;
- L’Espagne avec le mariage des Rois Catholiques (1469) ;
- L’Angleterre où le Pays de Galles négocie son rattachement en 1532.

L’avenir...
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