Euthanasie

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  • Publié le : 10 juin 2010
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L'euthanasie, un débat de conscience?

Une mort calme dans un sommeil profond. La majorité des États ne reconnaît pas ou interdit l'euthanasie et les autres formes d'aide à la fin de vie. Cependant, elle est autorisée, sous conditions et dans un cadre réglementé, dans certains pays européens. En Belgique, la loi du 28 mai 2002, adoptée après deux ans de débat, dépénalise l'euthanasie active.Celle-ci est définie par le Larousse comme étant « l'acte d'un médecin qui provoque la mort d'un malade incurable pour abréger ses souffrances ou son agonie », à différencier de l'euthanasie passive qui est, toujours selon le Larousse, « l'acte d'un médecin qui laisse venir la mort d'un malade incurable, sans acharnement thérapeutique ». L’euthanasie suscite un débat interminable. Afin de mieuxcomprendre les positions qui se font face, nous développerons tout d'abord les arguments qui poussent à sa dépénalisation. Ensuite, nous laisserons derrière nous les règles et les lois afin de nous pencher plus en profondeur sur les valeurs morales. Nous évoqueront le cas des mineurs et l’hésitation constante des médecins, et nous terminerons par l’impact du choix d’un patient sur son entourage.Tout d’abord, dire oui à l’euthanasie, oui mais pourquoi ? Souvent, malgré les soins apportés par les médecins, il se peut que la maladie continue à infliger au patient des souffrances morales ou physiques. Elles peuvent être visibles, comme une déformation du corps et surtout du visage, mais il peut également s’agir d’une perte progressive du contrôle de son corps ou d’une perte définitive deson autonomie faisant place à un sentiment de dépendance et d’inutilité sociale.
De plus, même s’ils s’efforcent d’apaiser la douleur, les soins palliatifs ne peuvent pas toujours la supprimer complètement. Dans ces circonstances où la vie devient alors insupportable pour le malade, il faut pouvoir lui donner la possibilité d’accéder à une porte de sortie qui lui permettrait d’abréger sessouffrances et de partir dans la dignité et le respect.
Cependant, pour une raison d’ordre moral, l’euthanasie reste considérée comme un meurtre. Elle ne peut donc être prise à la légère et n’est en aucun cas un traitement médical « normal » auquel le patient à droit. C’est pourquoi elle ne peut être pratiquée que dans un cadre très stricte réglementé par la loi. L’euthanasie doit être appliquée par unmédecin, et la demande doit être formulée par écrit et en toute conscience par le patient concerné, atteint d’une maladie incurable.

Ensuite, bien que ce soit interdit, ça existe : on euthanasie parfois des mineurs en Belgique. En ce qui les concerne, la loi n’a pas encore été adaptée. Pourtant, une étude de la VUB (Vrije Universiteit Brussel) publiée dans la dernière édition de l’AmericanJournal of Critical Care, nous montre qu’au cours de ces deux dernières années, dans cinq des sept unités de soins intensifs pédiatriques du pays, 69% des infirmières se déclarent prêtes à abréger les souffrances d’un enfant en lui administrant des drogues létales. De plus, 90% déclarent que la poursuite des traitements n’est pas toujours dans l'intérêt de l’enfant. Cependant, et c'estcompréhensible, les médecins restent très hésitants. La plupart ne pratique l’euthanasie qu’après de longues hésitations. L’élargissement de la loi aux mineurs, est-elle nécessaire ? Peut-être pas, mais on ne peut exclure le débat sur la fin de vie des jeunes sous prétexte qu’ils ne seraient pas « compétents » pour en parler. En effet, un adolescent dont la seule perspective est la souffrance et l’absence desolution médicale, fait preuve d’autant de discernement et de maturité qu’un adulte. Ce ne sont plus des enfants. Ils peuvent notamment refuser un traitement. Ainsi, s’il y a des demandes, il faut les entendre. En Belgique, entre 100 et 200 enfants meurent chaque année d’une maladie incurable. Une poignée demande qu’on les aide à mourir...
Et pour les plus nouveaux-nés? Revenons dans les...
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