Evolution et enjeux de l'acte discursif russe dans le contexte des guerres de tchétchénie

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BARBES N° Etudiant : 080705-48
ALEXANDRE Erasmus

Approche socio-politique du Caucase
POLI-D-424

Sujet : Evolution et enjeux de l’acte discursif russe dans le contexte des guerres de Tchétchénie.

[pic]

Université Libre de Bruxelles
Master 1
Second quadrimestre
SOMMAIRE

Introduction p.3

I. Continuité et ruptures dans les analyses du conflitp.5

A/ Entre intérêts privés et « rétablissement de l’ordre
fédéral constitutionnel p.5

B/ Du conflit interne au conflit global p.8

II. La securitization du conflit : une approche évolutive p.11

A’/ L’évolution internationale de l’objet de la securitization p.11

B’/ Moyens exceptionnels etautoritarisme  p.13

Conclusion p.16

Bibliographie p.17

Introduction 

Alors que Moscou vient d’annoncer au mois d’avril, la fin officielle du conflit en Tchétchénie après 15 ans de guerre, le peuple tchétchène peut à nouveau croire en la paix selon le président russe Dimitri Medvedev qui a ordonné la fin de l’opération « anti-terroriste » débuté en 1999 parV. Poutine.
En place depuis le début de la seconde guerre russo-tchétchène d'octobre 1999, le régime d'exception permettait de recourir sans limitations au couvre-feu, aux barrages routiers, aux perquisitions et aux détentions. Il restreignait l'accès des journalistes et des humanitaires à la République. La levée de l'état d'urgence va entraîner l'évacuation de 20 000 soldats russes surles 50 000 cantonnés en Tchétchénie. Les forces du ministère de l'intérieur et celles du FSB (services de sécurité), chargés de garder un œil sur la situation interne, sont maintenues. Depuis 2002, les opérations militaires d'envergure ont cessé[1].

Cependant il est de notoriété publique que le discours antiterroriste du Kremlin n’était que de façade et servait de légitimation à laviolence en même temps que de justificatif à certaines décisions politiques sur le plan de la politique intérieure de la Russie.
Un rapide coup d’œil sur l’histoire récente des deux peuples permet de recontextualiser la situation actuelle. Les premiers affrontements eurent lieu à la fin du XVIIIe siècle, ils se poursuivirent jusqu’à aboutir à une première guerre en 1994-95, puis à une seconde quidébuta en 1999. La capitale, Groznyï, fût bombardée en 94, au nom de la lutte contre le banditisme, rasée en 2000 au nom de la lutte antiterroriste[2]. Les haines et rancœurs s’inscrivent donc dans un contexte centenaire.

Néanmoins, la situation sur le terrain de même que le discours russe, ont évolué et notamment au cours de la période de paix entre 1996 et 1999 où le terme terroriste apris une nouvelle signification. Ainsi qu’est-ce qui a pu pousser le pouvoir fédéral à changer de discours ? La mise en récit de ce conflit a changé du président Eltsine au président Poutine. En quoi et dans quels buts ? Quels enjeux à stigmatiser d’avantage encore le peuple tchétchène ? En quoi l’évolution du discours officiel russe traduit-il la multiplicité des priorités et des perceptions desdirigeants lors des deux guerres de Tchétchénie?
Nous allons donc nous pencher sur l’analyse des circonstances qui ont entrainé chacun des deux récits et ce qui à provoquer leur changement.

Selon D. BIGO, la gestion politique de l’insécurité est devenue un mode de gouvernementalité des groupes et des individus en utilisant le concept de « securitization », c'est-à-dire le fait defaire de quelque chose un enjeu de sécurité. La sécurisation est donc une technique de gouvernement qui sauvegarde l’ordre en se référant à la crainte d’une mort violente telle qu’elle a été mystifié (Ole WAEVER). La simple fait d’appeler un problème : « un problème de sécurité », fait entrer ce dernier dans une catégorie lui permettant d’utiliser tous les moyens pour y remédier[3].
Nous...
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