Exemple de nouvelle

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  • Publié le : 30 novembre 2010
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Le trépas, en couleur©

C’était à la fin d’une partie de chasse entre le marquis de Montebourg et le comte de Gironde. Ils étaient armés de leurs luisants fusils de chasse, attendant une proie dans une vaste prairie des faubourgs de Bordeaux. Une perdrix, qui agitait ses ailes couleur vermeille dans le ciel bleu, attira l’attention du marquis. Le fortuné aristocrate chargea son fusil,visa l’oiseau, et tira. La pauvre perdrix, touchée à l’aile droite, entama une chute vertigineuse, entrainant avec elle un filet de sang carmin, pour atterrir, morte.

Vers la fin de l’après-midi, le marquis, fusil à l’épaule et perdrix en main, demanda à son noble ami, le comte de Gironde :

« D’après vous, mon fidèle ami, qu’est-ce que la mort ?

- La mort, d’après ce que j’enai vu tout au long de ma prestigieuse vie, nous réserve plus de surprise que nous le pensons, répondit le cossu politicien. Je m’en vais vous conter l’histoire d’un paysan qui travaille dans mes vastes champs :

«  Un jour de juillet, lors d’une période de forte canicule, le soleil tapait si fort que je transpirais à peine le nez sorti de mon balcon. Je vis au loin, dans mes étendusde blé, mes paysans qui s’attelaient à la tâche. Je restai pensif, appuyé sur la rambarde, lorsque j’aperçus un de ces paysans, se détachant du groupe, essayant de courir vers ma demeure malgré sa jambe boiteuse. Je pensai tout d’abord : « Mais qu’est-ce qu’il lui prend à ce gueux, pour oser venir interrompre ma matinée ? ». Je descendis les escaliers en colimaçon, traversai la salle de réception,puis ouvris l’imposante porte de bois de noyer. Je trouvai notre fameux personnage à ma porte, haletant appuyé contre un mur. Je lui criai tout d’abord : «  Enlevez donc votre main de mon mur, vous le salissez ! De plus, reculez si vous voulez me parler, je ne peux tolérer cette odeur pestilentielle se dégageant de vous !  » . Le laboureur, quelque peu outré de ma réaction resta sans voix uninstant, avant de reculer de quelques pas. Je n’avais jamais vu de mon entière vie une personne trembler et boiter autant que le faisait ce paysan. Après que ce dernier se soit retourné, je lui demandai :

«  Que faîtes vous donc ici ? 

- Monsieur le comte, j’ai … »

Mais il ne pût terminer sa phrase. Il tomba, tout d’un coup, droit comme unbâton. Il heurta le sol d’une telle puissance que son corps rebondit une fois avant de se stabiliser. Un flot de gémissements mortuaires qui sortait de sa voix continua après sa chute pour s’arrêter quelques instants après. Je me dis tout d’abord : « Un de moins, ça ne fait pas de mal, je le remplacerais… », avant d’appeler le majordome pour ramasser le paysan et le mettre de côté et attendant qu’unfiacre passe devant ma demeure pour amener le va-nu-pieds chez lui.

Après avoir pris mon thé dans la terrasse, j’entendis mon majordome hurler : « Monsieur, monsieur, venez vite, un prodige s’est produit ! ». J’accourais donc précipitamment, curieux de découvrir le miracle énoncé par le servant. Je le trouvais à l’entrée, m’attendant impatiemment, puis il se dirigea vers la grange.Une odeur infecte de paille me sauta au nez dès que je posai mon pied sur le seuil du bâtiment meublé de foin et de paille. Mon regard fut dirigé vers la place que le domestique pointait du doigt, souriant. Impossible ! Le paysan était vivant ! Il était allongé sur du fumier, n’arrivant toujours pas à réaliser ce qui lui arrivait. Je lui demandai tout d’abord s’il allait bien, me sentant obligéd’être doux avec ce revenant, puis ensuite je lui dis :

«  Vous avez vraiment eu de la chance !

- J’en suis conscient de ma veine, mais pour une autre raison que la vôtre … Laissez-moi tout d’abord me présenter : je m’appelle Henry Lataupe, mais mes amis m’appellent tous Petite-allumette, à cause de ma santé fragile.

- Enchanté … Mais dîtes-moi la...
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