Existence et temps, fragment 172 des pensées de pascal

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  • Publié le : 29 décembre 2010
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Dans le fragment 172 des Pensées de Pascal écrit en 1670, ce dernier établie une relation entre l’existence de l’homme et le temps : le temps est dans l’existence, et l’existence est dans le temps, car tout ce qui existe est temporel, et tout ce qui est temporel est existant. Il parle de l’incapacité de l’homme à vivre dans le présent. Il se bute à imaginer des projets dans l’avenir où se cachedans les souvenirs du passé pour ne pas à avoir à considérer sa misérable existence. Quelle place le temps occupe-t-il dans l’existence de l’homme, selon Pascal? En premier lieu, nous aborderons les différents temps auxquels notre existence est confrontée, puis nous verrons quel rôle joue le présent sur notre existence, et pour finir, nous expliciterons la continuité entre le présent et le futuret l’impact que cela a sur l’existence humaine.

Tout d’abord, Pascal s’implique lui-même dans le texte en créant un lien avec le lecteur à travers le pronom « nous ». Grâce à cette union, le lecteur se retrouve sur le même plan que l’auteur puisque l’homme est avant tout un sujet. L’auteur fait donc abstraction de tout statut social qui le différencie du lecteur, en réduisant leur état desujet à leur propre existence.
En outre, nous n’arrivons pas à profiter du temps qui semble nous appartenir, étant constamment retourné vers le passé ou attiré par le futur. « Nous anticipons l’avenir comme trop lent à venir » est la marque de l’impatience de l’être humain. Nous fixons des projets dans le futur qui nous tarde d’être aboutis. Il est évident que cettecaractéristique de l’homme est véritable. Combien de fois dans notre vie avons-nous fait preuve d’impatience? Si nous trouvons parfois le temps long, le fait d’y penser ferait en quelque sorte « passer le temps ». Ainsi, avons-nous l’impression que le temps futur arrive plus rapidement à nous. De manière toute aussi curieuse, nous nous remémorons des souvenirs comme pour les introduire dans le présent, dansle but de leur donner une vie nouvelle. Nous pouvons ainsi nous souvenir d’un passage agréable de notre vie. Nous pouvons prendre l’exemple de la Madeleine de Marcel Proust dans Du côté de chez Swan; L’explosion de saveurs qui « envahissent » le palais du jeune homme lui ont laissé une trace indélébile dans sa mémoire, il ira même jusqu’à l’écrire. Mais lorsque nous-mêmes vivons un momentdifficile dans un temps présent, ne nous arrive-t-il pas de nous remémorer des bons souvenirs, ceux qui nous donnent le sourire ou qui nous réchauffent le cœur? La réponse corolle de notre propre essence, et Pascal l’a remarqué: l’homme vagabonde ainsi dans des temps qui ne lui appartiennent plus ou pas, car il pense toujours à ce qui a pu se passer antérieurement ou se pose des questionssur ce qui va se passer. Il ne reste alors que très peu de place pour se préoccuper pleinement de l’instant présent. Nous tentons sans relâche d’établir un lien avec le futur et de restaurer le passé pour ne pas l’oublier. Le présent nous « appartient »; cependant, nous ne le maîtrisons pas totalement. C’est ce que nous allons expliciter dans une seconde partie.

Ensuite,selon Pascal, « le présent, d’ordinaire, nous blesse ». Parfois, nous sommes étonnés de ce que le présent nous offre. Nous ne savons pas comment réagir dans telle ou telle situation. Il nous faudrait du temps pour répondre de la meilleure façon qu’il soit. Ne nous sommes-t-il jamais arrivés de repenser à une situation et de nous dire: « ah, si seulement j’avais répondu cela à cet instant ». Maislà encore nous nous posons une question basée sur le passé. Souvent la spontanéité nous fait défaut, nous sommes dans l’incapacité totale de réaction. Dans un autre contexte, si un évènement tragique nous saisit, nous avons tendance à ne pas l’admettre même si nous en prenons conscience; nous fuyons parce que nous n’avons pas la force d’affronter une douleur vive. Ainsi, nous...
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