Existentialisme francais

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  • Publié le : 30 avril 2011
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Albert Camus et l’engagement
De tous les penseurs qui ont guidé mon action, c’est Camus dont je me sens le plus proche.
[pic]Camus envisageait l’engagement comme une philosophie de vie. Il la justifiait comme une manière de lutter contre l’absurdité fondamentale de nos vies, une fois celles-ci dégagées du carcan des croyances religieuses. Que reste-il aujourd’hui de cette philosophie del’action à l’heure de l’homme - consommateur ?
Peut-on réellement penser que l’acquisition, voire pour beaucoup, l’accumulation de biens matériels peut « remplir une vie » ? La pensée du XXème siècle a permis de mettre au jour la futilité de l’homme sans destin. Certains ont vu le communisme comme une nouvelle religion laïque capable de compenser plus que de proposer une nouvelle « spiritualité ». Or,l’échec du projet communiste provient justement de sa non prise en compte des ressorts de l’être humain, que ce soit dans ses dimensions individuelles ou spirituelles. D’autres, comme Camus, ont compris, presque intuitivement, les limites du projet communiste et ainsi proposaient un engagement individuel « humaniste ». Mais le point commun à tous les intellectuels qui ont participé à ce grand débat,quasi mythifié, par la controverse entre Sartre et Camus, c’est qu’ils envisageaient tous l’action, l’engagement, comme une nécessité vitale.
Depuis cette époque, aucun penseur n’a osé considérer l’individualisme comme une fin en soi. Il y a bien eu quelques philosophes comme Fukoyama dont la pensée a dangereusement dérivée au moment de la fin des régimes communistes. Mais même ce contempteur dulibéralisme n’a jamais considéré l’accumulation de biens comme un « bonheur matériel » suffisant. Si, aujourd’hui, la frénésie de consommation, quasi compulsive, qui nous anime est aussi structurante dans notre vie quotidienne elle n’est pas issue d’une pensée mais bien d’un « surpoids » de la sphère marchande dans les sociétés occidentales. Personne ne peut raisonnablement admettre que ces processusd’acquisitions systématiquement renouvelés par la mise sur le marché de nouveaux produits, seraient aptes à satisfaire nos besoins de sens : cette sphère marchande agit comme un véritable cercle vicieux. Pour prospérer, elle a besoin d’individus réduits à des consommateurs qui réagissent à des stimuli (publicité, des modes véhiculées par les médias marchands)..Pour obtenir de bons consommateurs,cette société a besoin d’individus qui ne se posent pas la question du sens. Le surpoids de la sphère marchande a donc une tendance, presque naturelle, à réduire la pensée : elle s’adresse à la plèbe et tente de dégager du « temps de cerveau disponible ». Plus nous consommons, plus nous nous éloignons du sens, plus nous nous éloignons du sens, plus nous consommons… Cette dérive de notre société aaujourd’hui quasiment gagné le monde entier. Pourtant, c’est bien dans les pays occidentaux qu’elle est le plus exacerbée. Il est intéressant de remarquer que, dans beaucoup de pays où la religion régit encore la vie quotidienne, les croyants regardent avec mépris, voire avec dégoût, non pas notre frénésie d’acquisition de biens qu’ils partagent bien souvent, mais notre perte de sens, de valeursfondatrices qui pour eux s’assimile à la religion.
Les engagements épisodiques pour une cause restent présents et mobilisent, bon an, mal an, une part non négligeable de la population. Cependant, ces engagements sont souvent « défensifs » et ils cherchent souvent à limiter les dégâts de plus en plus importants que génère notre société. L’on peut surtout observer que la forme même de ces engagementséphémères et spontanés se calquent sur nos modes de vie. C’est-à-dire qu’ils se consomment rapidement sous l’effet d’un pic de sur-médiatisation et ne produisent de facto plus beaucoup de sens. Ils sont simplement perçus comme indispensables pour éviter l’inacceptable que ce soit en matière de droit du travail avec la lutte contre le CPE, pour le droit au logement ou encore auprès des...
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