Explication de texte bergson

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  • Publié le : 30 mars 2010
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Dans le texte dont nous nous proposons l’étude, l’auteur développe la thèse selon laquelle notre conscience associée à la mémoire, est capable de faire le lien entre les moments passés et « présents ». Notre vécut interne éprouve le temps dans unecertaine continuité, qui serait l’assemblage d’instants ponctuels. Pour soutenir sa thèse, Bergson part d’une analyse de la phrase et de sa structure linéaire pour figurer la vie intérieure et pour montrer que la conscience est mémoire. Le point de départ est circonstanciel et n'est pour Bergson que l'occasion d'analyser un mot parmi d'autres et de montrer que les éléments successifs de ce mot sontsaisis intégralement par la conscience. Un mot est en effet l'association d'un son et d'un sens. Or, si le sens est donné globalement, le son est composé d'unités successives (les syllabes du mot, elles-mêmes décomposables en lettres) qui, une fois énoncées, appartiennent au passé. Pour rendre compte de la saisie du sens, Bergson doit donc faire intervenir la mémoire, qui permet de garder à l’espritles moments antérieurs au moment où la conscience se saisit du dernier d'entre eux : le paradoxe de la conscience est qu'elle est constamment présente alors qu'elle s'exerce sur des éléments passés. Peut-on pour autant assigner des frontières au présent ? Dans ce texte, Bergson montre que la « prise de conscience » renvoie à tout ce qui est en réserve dans la mémoire. Il devient dès lors trèsdifficile de distinguer la conscience de la mémoire. Cette dernière néanmoins, n’est pas infaillible. La mémoire connaît elle aussi, les effets du temps et du déni perpétuel dans lequel l’homme se dissimule.

Bergson part d’un constat simple : « lorsque je prononce le mot «causerie», il est clair que ma conscience se le représente tout d’un coup. » Afin que la signification du mot prononcé ne nouséchappe, il est indispensable de faire intervenir la mémoire.
Sans elle, le temps serait une première difficulté à cette déduction. En effet, le mot « causerie » serait décomposable en trois syllabes, « cau », « se », « rie », et lorsque je prononcerais l’une d’entre elles, elle appartiendrait inéluctablement au passé. Donc comment serais-je parvenue à comprendre un mot dans sa totalité, dès lorsqu’une partie aurait été dérobée par le passé ? Car en fin de compte, le mot « causerie » n’appartiendrait jamais au présent, dans la mesure où, je ne le prononcerais jamais « instantanément ». Que signifierait dès lors le présent, un futur imminent du passé? Dans ce cas de figure, il n’aurait pu y avoir un quelconque présent dans la mesure où il n’aurait été que la continuité du passé. Le passéest incontestablement inscrit dans le présent ; et marquer une décomposition dans le temps serait le détruire en tant que tel, puisque l’instant ponctuel appartiendrait par la suite au passé : une fois prononcée, la syllabe « cau » fait partie du passé et ainsi de suite jusqu’à ce le mot soit prononcé dans son intégralité. Que reste-t-il alors du présent ? Comment aurais-je pu garder à l’esprit lessyllabes antérieures à la dernière prononcée sans mémoire? D’après la conception du temps, plus précisément de durée chez Bergson ; il est absurde d’établir « une ligne de démarcation entre le passé et présent » puisque la durée, c'est le temps tel que nous le ressentons quand nous ne cherchons pas à le comprendre. Elle n'a pas la ponctualité abstraite du temps : dans la durée telle que nous lavivons, notre passé immédiat, notre présent et notre futur immédiat sont confondus. La durée n'est pas ponctuelle, elle est continue, parce que notre conscience, dans son présent, se rapporte toujours à son passé ; et se tourne déjà vers son avenir. Seule la mémoire peut rendre compte du passé. Lorsque je formule la dernière syllabe du mot « causerie », il est évident que sans ma mémoire,...
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