Explication de texte de kant "tout homme a une conscience..."

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  • Publié le : 27 décembre 2011
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Dans un internat d’une école formant la future élite prussienne, des adolescents ont élu comme bouc émissaire un élève juif. Törless, le héros du roman de Musil, Les désarrois de l’élève Törless (1906) leur donne l’idée de lui faire dire des phrases humiliantes. Tout de suite, il s’en repent : « La scène le dégoûtait, et il eut honte d’avoir livré aux autres son idée. » Cet exemple portetémoignage du déchirement intime de la conscience.
Mais la conscience n’est-elle pas une ? Comment pourrait-elle se juger elle-même si elle ne se dédouble pas ? N’a-t-on pas besoin en effet de la complexité du système judiciaire, qui distingue le juge des parties (victime et prévenu), pour que puisse être jugée une intention ou un acte ?
C’est cette question qu’affronte Kant dans le texte qui nous estproposé. Dans un premier temps, nous verrons comment il décrit la conscience accompagnée de son juge intérieur, puis nous aborderons le problème de l’objectivité de ce juge intérieur. Enfin, nous examinerons la question de savoir qui peut se tenir derrière cette figure du juge.
Kant se penche sur le fait d’être conscient qui caractérise notre espèce. Nous vivons, nous sommes affectés, nous pensons,et nous savons que nous vivons, sommes affectés, pensons. En latin, cum scientia signifie accompagné de savoir. Ce fait est présenté comme universel et naturel par Kant. Il concerne « tout homme », ce qui signifie que la conscience ne saurait être réservée à certains hommes seulement, par exemple  en retranchant de l’humanité les criminels. De plus, il « n’est pas quelque chose de forgé » par lesujet, n’est pas le résultat d’un artifice culturel ou technique, une création affective, intellectuelle ou morale, mais fait partie du donné originaire qui caractérise notre espèce. La conscience ne peut donc être considérée comme une production sociale et historique. Ceci aura son importance quand il s’agira de définir le statut de ce « juge intérieur » pour lequel Kant indique qu’il tient enrespect la personne afin de voir si elle suit bien les prescriptions des lois.
C’est par là que la conscience est une « disposition intellectuelle originaire et morale ». Par cette conscience seulement, je suis un être moral, puisque le sujet empirique n’est pas directement moral, ne connaissant que l’intérêt et les problèmes de la vie animale. Mais dès lors qu’on admet que les actions humainessont guidées par un juge, cela signifie que je peux agir bien ou mal puisque j’agis à partir d’une « représentation du devoir » à laquelle j’obéis ou pas. Mais comme les hommes agissent souvent mal, préférant leur intérêt à leurs devoirs envers l’humanité, ne pourrait-il pas y avoir contradiction à dire que le juge est toujours là, implacable observateur de nos intentions et de nos actions ? Non,estime Kant, puisque la moralité suppose le libre arbitre. En effet, si, par ce juge, je devais toujours bien agir, je ne serais plus moral : l’homme qui connaîtrait son devoir comme il connaît que 2+2=4 serait un automate qui agirait toujours bien, au lieu d’avoir à lutter contre ses propres inclinations à l’aide de la représentation du devoir. La désobéissance lui serait impossible, sa conduiteresterait la même, apparemment parfaitement « morale », mais, devenue pur mécanisme, ne serait justement plus du tout morale. C’est pourquoi il est non contradictoire, mais même impératif que le sujet puisse conserver la possibilité de mal agir.
C’est pourquoi Kant est obligé de préciser que le juge ne soit parfois plus écouté, mais qu’il soit toujours entendu. L’homme qui ne suit pas la voix de saconscience ne le fait cependant pas en connaissance de cause., mais à partir d’un relâchement de sa conscience. Le divertissement de la vie en société, l’étourdissement des plaisirs, tout cela concourt à ce que la conscience devienne inconscience. Cependant, cette inconscience n’est pas un simple accident à partir de causes externes, mais provient d’un abandon interne, certes progressif, mais...
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