Explication de texte sur rousseau

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  • Publié le : 20 décembre 2011
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Explication de texte :
La nouvelle Héloïse, J.J Rousseau

A première vue, nous désirons ce que nous n'avons pas : quelque chose nous manque et nous en souffrons. Il semble alors naturel que nous souhaitons satisfaire nos désirs. En effet, l'on croit communément que le bonheur consiste dans la satisfaction du désir, que le plaisir ne tient qu'à cette satisfaction. Or est-ce bien le cas ?N'y-a-t-il pas plus de bonheur dans les illusions du désir que dans la jouissance que procure son accomplissement ? Ainsi à travers cet extrait, Rousseau aborde les thèmes du désir, du bonheur et de l'imagination et souligne l'importance de cette dernière dans le développement du désir. Il soutient, par conséquent, la thèse selon laquelle le désir nourri de l'imagination plus que de la jouissance de saréalisation, parfois décevante, apporte plus de bonheur de sorte que l'univers imaginaire des objets idéalisés du désir a plus de valeur pour l'existence de l'Homme que toutes les richesses acquises. Aussi pour soutenir cette thèse, l'auteur commence par mettre en garde quiconque n'éprouverait plus de désir, car il posséderait alors tout ce qu'il convoitait. Puis, dans un second temps, il expliqueque les objets désirables ne le sont que parce que l'imagination les embellit. En effet l'imagination fait naître en nous un espoir protéiforme, c'est-à-dire qui peut se présenter sous les formes ou les aspects les plus divers, qui peut se montrer changeant selon notre convenance, alors que la satisfaction réelle peut s'avérer décevante et révéler la fadeur de ces objets ; nous nous trouvonsalors dans une désillusion qui au lieu d’entraîner plaisir et bonheur, crée souffrance et peine. Rousseau peut alors conclure que seul ce monde imaginaire crée à l'occasion du désir rend la vie de l'Homme digne d'être vécue. Mais, dans le dernier paragraphe, l'auteur déclare également que même si cette souffrance est liée directement à l'insatisfaction d'un désir, celle-ci fait partie de l’essence del'Homme ; « vivre sans peine n'est pas un état d'Homme ; vivre ainsi c'est être mort ».

Rousseau commence cet extrait par une exclamation menaçante : « Malheur à celui n'a plus rien à désirer ! ». Cette mise en garde peut paraître déroutante car paradoxale. En effet, ici un premier paradoxe associe l’expérience du désir à celle d'une possession or ne la lie-t-on pas communément à celle dumanque ? Désirer c'est viser la possession de quelque chose que l'on ne possède pas, ou autrement dit, désirer c'est tendre vers la possession d'un bien dont on est actuellement privée. Par conséquent, en déclarant qu'avec l'extinction du désir « on perd tout ce qu'on possède » l'auteur renverse le jugement commun. Aussi, par se premier paradoxe, faut-il comprendre que l'Homme, aussi peut comblé etprivé de biens soit-il, ne possède dans son dénuement que son insatiable et infatigable désir ?
C'est ce que semble suggérer le deuxième paradoxe : « on jouit moins de ce qu'on obtient que de ce qu'on espère et l'on n'est heureux qu'avant d'être heureux ». Là encore il s'agit d'une étonnante déclaration car généralement le bonheur est défini comme le propre du désir comblé. On est heureux lorsquenos espérances sont exaucées. C'est pourquoi l'absence durable d'objet désirable devrait au contraire apparaître comme l'avènement de l'ataraxie de notre âme, de sa tranquillité. Pourtant Rousseau soutient le contraire ; l'absence de manque serait source de souffrance. (Une absence considérée à contrario par certains penseurs, tels que les stoïciens ou épicuriens, comme la clef de la sérénité.)Cependant, l'absence d'objet de désir n'est pas l'absence de biens mais l'absence de valeur puisque qu'une fois acquis, ces objets ne nous manquent plus et donc ne sont plus désirés. En effet, Rousseau tient à préciser qu'il ne s'agit pas d'une véritable perte de ce que l'on possède, d'où le « ainsi dire », mais d'une perte de valeur à nos yeux, qui va entraîner une perte de notre part d'attention...
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