Explication de texte a une passante, baudelaire

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  • Publié le : 17 mai 2010
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Explication de texte

À une passante

La rue assourdissante autour de moi hurlait.
Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse,
Une femme passa, d'une main fastueuse
Soulevant, balançant le feston et l'ourlet ;

Agile et noble, avec sa jambe de statue.
Moi, je buvais, crispé comme un extravagant,
Dans son œil, ciel livide où germe l'ouragan,
La douceur qui fascine et leplaisir qui tue.

Un éclair... Puis la nuit ! - Fugitive beauté
Dont le regard m'a fait soudainement renaître,
Ne te verrai-je plus que dans l'éternité ?

Ailleurs, bien loin d'ici ! Trop tard ! Jamais peut-être !
Car j'ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,
Ô toi que j'eusse aimée, ô toi qui le savais !

À une passante est un poème appartenant aux « Tableaux Parisiens »,section dans Les Fleurs du Mal. Cette section regroupent des poèmes dont le thème principal est les observations et les rencontres faites dans les rues de Paris. Ici, À une passante est le récit d’une rencontre dans la rue entre le poète et une passante, rencontre qui ne durera qu’un bref instant.

Le poème en lui-même possède selon moi en deux parties : une première partie (vers 1 à 8) qui estconsacrée à l’apparition de la femme, et une deuxième partie (vers 1 à 14) concernant la méditation du narrateur, son analyse par rapport aux effets de cette brève rencontre, qui est faites sous forme de dialogue adressé à la passante, opposé à la description de la première partie. Le premier vers est une description du cadre dans lequel se situe le narrateur. Cette description place le narrateur aucentre du poème (« autour de moi ») et décrit la rue comme étant un lieu bruyant, agressif (« assourdissante », « hurlait »). Le vers comporte une allitération en « r » (La rue assourdissante autour de moi hurlait) ainsi qu’une assonance en « ou » et en « u ». Le son « r » imite la dureté des sons de la rue, alors que son « u » fait plutôt penser à des sons aigus et le son « ou » à des sons graves,le tout rendant l’atmosphère de la rue très agressif et hostile. De plus, la disparition de ses sons dans le vers suivant constitue un contraste s’expliquant par la transition du décor hostile à la passante, femme plutôt majestueuse et calme.

Du vers 2 au vers 5, c’est la description de la femme en mouvement. Il y a une progression dans sa description allant de la silhouette (« Longue,mince,.. »), puis à la main (vers 3) et la jambe (vers 5). La femme est donc décrite comme une femme très élégante (« main fastueuse »), majestueuse, habillée noblement (« feston », « ourlet »). Finalement, la description de la passante terminée, le narrateur semble avoir une image fixe de la passante, à cause de « sa jambe de statue », statue donnant l’impression qu’elle est fixé au sol, qu’elle nebouge plus. Du vers 3 au vers 4, il y a un enjambement, liant ces deux vers. Ils sont d’ailleurs rythmé en 3/3 // 3/3 qui par sa régularité, nous fait penser à un va et vient régulier, comme par exemple les pas de la passante et le balancement de son bras, frottant sa robe. Puis arrive le vers 5, où l’image semble se fixer par « sa jambe de statue ». On pourrait poser l’interprétation suivante : lepoète s’est fait au vers 5 une image mentale de la passante, car après le vers 5, elle ne semble plus être en face du poète, elle est disparue. Durant ce vers, on a l’impression que c’est le moment où il ne voit plus que la jambe de la passante.
Les vers 6 à 8 correspondent à la fascination du narrateur. Le récit nous fait passé de la femme au poète. La fascination de celui-ci est marqué par «crispé comme un extravagant », il est comme paralysé, bouleversé par la passante. Le verbe « boire » est certainement utilisé métaphoriquement : ici, il « boit » la femme des yeux, il l’admire, il est captivé par son image. La femme, et plus précisément son œil, est ici une dualité entre son côté positif exprimé par la comparaison avec le ciel et son côté négatif exprimé par un « ciel livide où...
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