Explication du document "problèmes de philosophie" de russel

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  • Publié le : 30 octobre 2009
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La valeur de la philosophie doit en réalité surtout résider dans son caractère incertain même. Celui qui n'a aucune teinture de philosophie traverse l'existence, prisonnier de préjugés dérivés du sens commun, des croyances habituelles à son temps ou à son pays et des convictions qui ont grandi en lui sans la coopération ni le consentement de sa raison.
Pour un tel individu, le monde tend àdevenir défini fini, évident; les objets ordinaires ne font pas naître de questions et les possibilités peu familières sont rejetées avec mépris. Dès que nous commençons à penser conformément à la philosophie, au contraire, nous voyons, comme il a été dit dans nos premiers chapitres, que même les choses les plus ordinaires de la vie quotidienne posent des problèmes auxquels on ne trouve que desréponses très incomplètes. La philosophie, bien qu'elle ne soit pas en mesure de nous donner avec certitude la réponse aux doutes qui nous assiègent, peut tout de même suggérer des possibilités qui élargissent le champ de notre pensée et délivrent celle-ci de la tyrannie de l’habitude. Tout en ébranlant notre certitude concernant la nature de ce qui nous entoure, elle accroît énormément notreconnaissance d'une réalité possible et différente; elle fait disparaître le dogmatisme quelque peu arrogant de ceux qui n'ont jamais parcouru la région du doute libérateur, et elle garde intact notre sentiment d'émerveillement en nous faisant voir les choses familières sous un aspect nouveau.

Bertrand RUSSEL, Problèmes de Philosophie, trad.Guillemin, Payot, 1968, pp. 182-183.

A/ Introduction
(Amorce/ thème): A priori, il paraît normal de vouloir s'appuyer sur des certitudes pour agir dans la vie pratique (s'assurer que les freins de la voiture sont en bon état...), dans la vie morale ( être sûr que notre ami ne nous trahira pas..) et dans la vie intellectuelle (que vaudrait une théorie incertaine, et donc non fiable,en Mathématiques, en Physique?). Ce 'sentiment d'être dans le vrai ' est même notre principal soutien pour prendre une décision, -- pour admettre une affirmation, une doctrine .... comme vraie.
(Problème/) : Cependant, qu'est-ce que la philosophie nous permet de connaître avec certitude? La philosophie s'intéresse à des questions universelles(qui concernent tous les hommes) mais ne semble, enrevanche, pas en mesure de pouvoir y apporter aucune réponse certaine.
(Problème) : En quoi résident donc la valeur et l'intérêt de la philosophe ? La thèse de B. Russel semble surprenante La valeur de la philosophie doit en réalité; surtout résider dans son caractère incertain. L’intérêt principal et la valeur de la philosophe consistent, précisément, dans le fait de ne délivrer aucune certitude.Ce "caractère incertain ' conférerait à la philosophie toute sa richesse, toute sa vivacité. Que faut-il entendre par là ?

B/ Eléments de commentaire.

1. Enoncé de la thèse: (" La valeur... in certain même + l’opinion commune considère que seule la certitude (= sentiment de détenir une vérité") a de la valeur ( càd est appréciable). Il suffit de 'sentir qu'on est dans le vrai' , d'avoirune réponse ferme et indiscutable à nos questions, pour nous décider à agir et/ou pour admettre une affirmation, une doctrine, une théorie scientifique .... comme vraie...
+ Attitude non satisfaisante intellectuellement: elle nous expose à l'erreur (se tromper soi-même ou être trompé par autrui, volontairement ou involontairement) et à l’intolérance (refus de toute autre vérité, de se remettreen cause -pourquoi le faire si l'on a raison ?-)
+ Le philosophe ne prétend pas posséder la vérité (cf. étymol.: philosophie il est même souvent le seul à prendre conscience de son ignorance. Exemple: Socrate, patron des philosophes, disait, en se comparant à un homme prétendument savant : 'A lotit prendre. je suis plus savant que lui. En effet, il se peut que ni l'un ni l'autre d(' nous...